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Les insuffisants rénaux devront encore prendre leur mal en patience. Car ce n’est pas demain qu’ils verront la première opération de transplantation rénale au Sénégal. Malgré des annonces ça et là des autorités du ministère de la Santé, la réalité est que les décrets d’application tardent à être signés. Du côté des praticiens, on se dit prêts. L’équipement et les ressources humaines pour réussir une transplantation sont disponibles, selon le professeur Boucar Diouf, chef de service néphrologie de l’hôpital Le Dantec.

Cela fait plus d’un an que notre pays a voté une loi sur la transplantation rénale. Elle avait suscité beaucoup d’espoir chez les insuffisants rénaux, qui voyaient en cette solution de la greffe rénale un salut. Aujourd’hui, cet espoir s’éloigne de plus en plus. Personne n’est en mesure de dire la date de démarrage de la transplantation pas même Boucar Diouf, chef du service néphrologie de l’hôpital Aristide Le Dantec. Des membres du cabinet du ministère de la Santé et de l’action sociale avaient indiqué lors de la randonnée pédestre organisée dimanche passé que d’ici 6 mois, on allait transplanter au Sénégal mais rien n’est sûr. Puisque le ministère de Santé n’est même pas à l’étape de l’accréditation, a révélé le Directeur général du Service national éducation et information pour la santé (Sneips) à l’occasion de la célébration de la journée mondiale du rein. Aussi pour l’entrée en vigueur de cette loi, il faut la signature des décrets d’application. Et de l’avis du professeur Diouf, il faut un arrêté pour que l’organe de régulation puisse se mettre en place et puisse donner les accréditations aux hôpitaux qui remplissent les critères pour effectuer des transplantations.
Mais, qu’est-ce qui bloque la signature de cet arrêté ? Le professeur Diouf parle de problèmes administratifs. «Nous ne sommes pas là où on décide les lois. En tout cas, elle  est entre le ministère de la santé, la Primature ou la Cour suprême. C’est là qu’il faut aller pour voir ce qui se passe», répond le professeur qui constate des lenteurs par rapport à la signature de cet arrêté.
En revanche du côté des praticiens, l’on se dit prêt. «Les ressources humaines sont là et des partenaires tels que les Turcs, les Marocains et les Tunisiens sont là, prêts à nous accompagner», souligne Professeur Boucar Diouf. Mieux, révèle le chirurgien-urologue, Babacar Diao, l’hôpital Aristide Le Dantec remplit tous les critères pour procéder à des transplantations. Il affirme que la structure dispose d’un pavillon spécialement rénové pour la transplantation. Pour lui, il n’est pas possible de procéder à des transplantations dans l’hôpital Dalam Diam comme l’ont annoncé des autorités du ministère de la Santé. Le chirurgien-urologue est formel : «Ce n’est pas demain que cette structure, avec sa belle architecture, va procéder à des greffes rénales. La transplantation doit se faire avec des équipements et une équipe multidisciplinaire. L’équipe doit être composée de néphrologues, d’urologues, pas moins de quatre si on veut faire du sérieux parce qu’au Sénégal on va vers la transplantation donneur vivant. Il faut deux chirurgiens pour prélever un rein et deux pour le greffer. Ce n’est pas celui qui prélève qui va greffer. En outre, il faut un service d’immunologie, de bactériologie-virologie, de radiologies fonctionnelles, un service de chirurgie viscérale et un service d’anatomie pathologique. Pour le moment, il n’y a qu’un hôpital Le Dantec qui remplit ces critères», informe-t-il. Maintenant, prévient-il, «on peut déplacer une équipe dans une autre structure mais cela n’est pas indiqué. On ne déplace pas une équipe pour aller transplanter dans un autre hôpital. Ceux qui travaillent doivent former une équipe», ajoute-t-il.
ndieng@lequotidien.sn

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