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Dans la nuit du lundi au mardi, un malade mental a été froidement tué par une personne encore inconnue. Outrées, les populations parlent de négligence des autorités et ressortent les 8 autres déficients mentaux assassinés en 2014. Et ces meurtres n’ont jamais été élucidés.

En 2014, une série de tueries de malades mentaux avait plongé la ville de Tambacounda dans une situation indescriptible. Dans la nuit du lundi au mardi, un déficient mental, identifié sous le nom de Samba Sy, âge d’une soixantaine d’années, a été retrouvé mort aux alentours de la gare ferroviaire de Tamba­counda. Ce nouvel acte criminel a replongé les Tambacoundois dans l’horrible série de l’assassinat des huit malades mentaux en 2014. Acte mystique ? Selon certains témoins qui ont vu le cadavre, les malfrats auraient voulu emporter sa tête, car il a presque la gorge tranchée. Le gardien de la gare ferroviaire, qui a découvert cet acte criminel, raconte : «J’ai trouvé le vieux gisant dans une mare de sang, inerte. L’irréparable s’était déjà produit.» L’information s’est répandue comme une traînée de poudre dans la ville. Les populations, transies de peur, appellent à un renforcement de la sécurité.
Cette nouvelle tuerie de «fous» rappelle la série noire de 2014 où près d’une dizaine de personnes avaient été sauvagement assassinées. Plus de trois ans, ces meurtres n’ont jamais été élucidés. Désarmées et apeurées, les populations tirent la sonnette d’alarme : «Il faut que les autorités nous aident à démanteler ce réseau de tueurs. Nous n’en pouvons plus de continuer d’enregistrer des victimes sans qu’une solution ne soit trouvée au phénomène. Ces personnes ciblées sont des êtres humains comme tout le monde. Elles méritent respect et protection.»

«Il faut réhabiliter le centre de Djinkoré»
Le représentant régional de l’Association pour le suivi et l’assistance des malades mentaux (Assamm) lance un poignant appel : «Il faut que le centre psychiatrique de Djinkoré, le seul dans la région, soit réhabilité. Tant que ce n’est pas fait, fulmine Mamadou Camara, les fous ne seront pas à l’abri des bourreaux. Le ministre de l’Intérieur et celui de la Santé avaient soutenu qu’il le sera sous peu. Depuis lors, rien n’y fut sinon que du tape-à-l’œil, se désole-t-il. Il faut aussi que les opérations de sécurisation menées par les Forces de défense et de sécurité soient permanentes et très fréquentes», lâche Mamadou Camara, le cœur gros. Selon des personnes qui connaissent la victime, il était un géomètre de formation, mais depuis qu’il a perdu la mémoire, il voyageait de ville en ville et ne fréquentait que la gare ferroviaire de Tamba.
abfall@lequotidien.sn

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