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Dans la banlieue dakaroise, plusieurs familles sont sinistrées par les inondations consécutives aux fortes pluies de début septembre. Sans grands moyens, elles se battent pour sortir la tête de l’eau et faire face aux difficultés.

Le 6 septembre, le ministre de l’Eau et de l’assainissement, Serigne Mbaye Thiam, mesurait l’ampleur des dégâts en déclarant «qu’il a plu en un jour plus qu’en trois mois de saison normale». Le Président Macky Sall avait aussi activé un plan d’aide d’urgence de 3 milliards de francs Cfa suite aux fortes précipitations qui ont provoqué des inondations dans plusieurs localités du pays. Il avait aussi annoncé que le gouvernement allait dégager aussi une enveloppe de 30 milliards de francs Cfa pour le pompage des eaux au niveau de la commune de Keur Massar qu’il avait aussi décidé d’ériger en département, lors d’une visite dans cette localité pour constater les dégâts causés sur place par les fortes pluies.
Des morts ont été signalés, des centaines de milliers de personnes ont tout perdu, des milliers d’hectares de terres cultivables engloutis par les eaux et plusieurs milliers d’animaux emportés par les eaux.
A Keur Massar, Sicap Mbao, Fass Mbao, Rufisque, Kaolack et plusieurs autres localités du pays, cette pluviométrie exceptionnelle laisse beaucoup de familles sans abris. Leurs maisons sont envahies par les eaux. Près d’un mois après, l’eau est encore dans beaucoup de quartiers de la capitale.

«Nous passons
nos journées
dans des maisons abandonnées…»
Alassane Dia s’est rendu à Fass Mbao pour constater la situation ainsi que la tristesse et la désolation des habitants. «Nous passons nos journées dans des maisons abandonnées et la nuit on revient dormir. Tous nos équipements électroménagers sont détruits. Nos lits, nos matelas, tout est complètement hors d’usage», indique Issa Ndiaye, un sinistré.
Cette situation rend difficile le quotidien des habitants qui sont impuissants face aux eaux stagnantes. «J’ai dû amener les petits ailleurs. Les moustiques nous empêchent de dormir. L’eau est partout et elle s’est mélangée aux fosses septiques. C’est extrêmement désagréable», raconte Awa, une habitante de Fass Mbao, un quartier de la banlieue dakaroise.
Les personnes sinistrées n’ont d’autre choix que de cohabiter avec les eaux usées mélangées aux eaux de pluie ainsi qu’avec les moustiques. «On nous a prêté une maison en construction. Nous n’avons pas les moyens de louer car on demande des cautions de quatre mois», explique Awa.
Makane Wade, un habitant de Fass Mbao, se plaint de l’absence de toilettes dans les zones inondées. «Le plus difficile c’est l’absence de toilettes. Nous demandons qu’on règle ce problème définitivement», dit-il. Dans ce quartier, les habitants utilisent des moyens de transport faits de matériaux de récupération et gérés par des adolescents.

200 francs pour traverser avec des barques de fortune
«Nous utilisons ces barques de fortune pour circuler. C’est assez sommaire et risqué mais nous n’avons pas le choix. Nous payons deux cents francs Cfa pour la traversée. Les jeunes nous déposent devant nos maisons», raconte l’Imam Cheikh Ndiaye de Keur Massar, un grand quartier de Dakar.
Même si le gouvernement a relancé le Plan d’Organisation des secours (Orsec) début septembre, il reste beaucoup à faire pour que les eaux de pluie soient évacuées et que les habitants retrouvent la quiétude.
En attendant, la communauté s’organise avec les moyens du bord.
«Nous avons une motopompe offerte par Caritas, nous nous cotisons pour acheter du carburant et faire fonctionner la machine», indique un habitant.
Avec Bbc

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