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En Casamance, la campagne de cueillette de noix d’anacarde est devenue au fil des ans source d’évènements tragiques. Ce constat qui s’est confirmé ce week-end avec la découverte d’un corps sans vie au niveau de la forêt de Couloubory, située dans la commune de Kataba I, relance le débat sur l’insécurité qui règne dans ces zones.

Dans la partie sud du pays, la peur grandit après un week-end de violences au niveau des communes de Boutoupa Camara­counda et Kataba 1, situées dans les départements de Ziguinchor et de Bignona. A Boutoupa Camaracounda, trois jeunes de la localité de Niadiou, partis à la collecte de noix d’acajou, ont été fusillés par des éléments armés dans l’après-midi du vendredi au niveau du village de Bilass. Deux d’entre eux furent légèrement atteints et le troisième gravement touché au pied.
Recueillis par les villageois, ils seront tous acheminés au niveau de l’Hôpital régional de Ziguinchor pour des soins avant d’être autorisés à rentrer chez eux. Alors que le troisième doit retourner au centre hospitalier en ce début de semaine pour une extraction de la balle logée au pied. Au niveau de la commune de Kataba 1, c’est le corps sans vie d’un homme qui a été retrouvé ce samedi dans la brousse entre le village de Koudioubé et de Couloubory. La victime, un ressortissant de la sous-région venu pour les besoins de la présente campagne anacardière, était basée dans le village de Cabadio. Selon des sources, «c’est le vendredi que la victime a quitté le village de Cabadio pour aller collecter, comme à l’accoutumée, les noix d’anacarde. Contraire­ment aux jours précédents où l’homme rentrait avant la mi-journée, ce ne fut pas cette fois-ci le cas hélas».
Cette situation a plongé ses voisins et les populations de Cabadio dans l’inquiétude. Ils vont engager des recherches qui vont se révéler infructueuses. Ils ont ainsi saisi samedi la Brigade de gendarmerie de Diouloulou. Mais son corps sera découvert par un jeune, parti à la cueillette aussi d’anacardes dans les buissons de Katipeu, village de Couloubory. Il présentait des blessures à plusieurs niveaux. «Sa moto et tous les biens qu’il avait par-devers lui ont été également emportés par ses bourreaux», précise un interlocuteur.
Aujourd’hui, tout le Naran s’interroge sur le véritable mobile de ce crime dont l’enquête ouverte par la Brigade de gendarmerie de Diouloulou pourra apporter une réponse. En attendant, les conjectures alimentent les débats axés sur les campagnes d’anacarde qui sont émaillées chaque année d’exactions sur les populations civiles. Ces violences portent l’empreinte de bandes armées qui entendent sauvegarder leur gagne-pain à tous les prix.

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