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Le témoignage du vieux Massamba Diop, père de Moustapha Diop alias Abu Hatem, fait froid dans le dos. Si l’on en croit ce témoin, son fils lui a demandé de formuler des prières pour lui afin qu’il meurt dans un champ de combat. Une volonté à laquelle il a accédé et qui a été exaucée.

Massamba Diop, le père de Mouhamed Diop dit Moustapha alias Abou Hatem, n’a pas essayé d’altérer la vérité, dans le cadre de l’affaire des supposés terroristes, en témoignant hier sur son fils décédé en Libye. Selon ses déclarations à la barre, en quittant le domicile, Moustapha Diop lui avait confié qu’il se rendait en Arabie saoudite pour des études avant de se rendre finalement en Libye. «Quand il appelé, il m’a dit qu’il est parti pour faire le jihad, combattre auprès des frères musulmans persécutés. Il m’a demandé de prier pour qu’il meure sur le terrain en martyr (shaada). J‘ai prié pour lui pour qu’il meurt dans le champ de bataille», a répondu Massamba Diop à la question de Me Balal qui cherchait à savoir s’il lui avait accordé son bénédiction.
A la question du juge Samba Kane de savoir s’il était en phase avec son fils, le vieux Diop dira être en accord avec la démarche de son fils, parce que ce dernier «avait suffisamment de con­naissance en la matière et le jihad est une prescription divine».
«Il m’a dit : ‘’si votre père vous interdit d’aller faire le jihad c’est comme s’il vous interdit d’aller prier à la mosquée en illustrant ses propos avec des versets du Coran et des hadits»», a-t-il précisé avant de confirmer à la chambre que Mame Awa Camara, l‘épouse de son fils, a même rejoint son mari en Libye à son insu. Selon toujours les révélations du vieux Massamba Diop, son fils Mouhamadou Diop l’avait appelé un jour pour lui demander l’objet de sa convocation à la Dic. «Je lui ai répondu qu‘on me pose des questions sur lui et sa femme. C’est ainsi que j’ai su que mon téléphone était placé sur écoute, quand je lui ai parlé, il a diminué ses appels», a dit le témoin. Il informe aussi que son fils voulait que toute la famille le rejoigne en Libye pour faire le jihad.

Plusieurs disparus résidaient au Lac Rose
Dans sa déposition, le vieux Massamba Diop reconnaît que plusieurs présumés jihadistes morts dans les zones de conflits, portés disparus ou cités dans ce procès résident au Lac Rose. Un aveu qui a amené le juge à lui demander s’il savait que c’est son fils qui a financé le voyage de beaucoup de personnes citées et avait remis le financement de 65 000 euros soit 42 millions de francs Cfa pour la construction d’un daara. «Je n’ai connu Matar Diokhané qu’à travers les débats audio qui se trouvent dans l’ordinateur que m’a laissé Moustapha Diop, mais j’ignore tout du financement de 65 000 euros obtenu par Matar Diokhané», a-t-il rétorqué. A l’en croire, Moustapha participait, avec ses deux frères qui se trouvent en Arabie saoudite, à la dépense quotidienne. Massamba Diop dit aussi connaître imam Alioune Ndao qu’il a croisé au Lac Rose lors d’une conférence. «C’est un homme pieux et instruit qui ne parle que du Coran et de la Sunna. J’avais programmé une visite chez lui pour un ziar», indique-t-il.
Moustapha Diop alias Abu Hatem serait membre de Daesh. Il est accusé d’être un présumé recruteur de jihadistes, puisqu’il serait à l’origine du financement du voyage de beaucoup de présumés combattants morts dans les zones de conflits, disparus ou cités dans ce procès imam Ndao et ses co-accusés.

Modou Diop : «Je ne sais pas si mon fils est mort ou vivant»
Entendu à titre de témoin sur le cas de son fils, Abdou Lakhad Diop, Modou Diop a indiqué que quand son enfant a disparu, ils se sont mis à sa recherche. Et quand il s’est approché de son ami Mama Ba, ce dernier lui a fait savoir qu’ils ont un projet de voyage parce qu’ils ne pouvaient plus rester dans ce pays et que Abdou Lakhad est parti et qu’il allait le rejoindre dans quelques jours. Le vieux Diop dit avoir saisi en personne la gendarmerie dans ce sens. Mais ce qui l’intrigue le plus c’est qu’il n’a jamais eu de des nouvelles de Abdou Lakhad et ne sait pas s’il est mort ou pas.
justin@lequotidien.sn

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