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Après une nuit bien arrosée en salsa vendredi soir, le jazz a repris tous ses droits sur la scène de la Place Faidherbe dès les premières notes des concerts du samedi. Les amateurs de jazz et surtout du pur jazz ont été bien servis avec d’abord le duo Jacky Terrasson/Stéphan Belmondo. Les deux musiciens qui jouent l’un du piano et l’autre de la trompette ont gratifié le public d’un assez bon concert qui aura permis au public de savourer cette musique pour laquelle beaucoup sont venus de toute l’Europe et des Etats-Unis pour assister au 25ème Festival international de jazz de Saint-Louis.
Le public qui s’est massivement déplacé a eu droit à un vrai classique avec un jazz fun, doux à entendre et que les festivaliers ont consommé avec beaucoup de plaisir. Le groupe qui varie de temps en temps ses notes, proposant par moments des sonorités rock, ne s’est toutefois pas détaché de ce style à la fois mélancolique et savoureux. Le public a ainsi eu droit à une belle balade musicale.

Stanley Clarke Band, du jazz pur
Juste après, c’était au tour de Stanley Clarke de monter sur scène. Le natif de Philadelphie prend le contrepied de Terrasson. Avec lui, c’est un jazz plus chaud et plus rythmé. Il marque très tôt son territoire en éclatant sa guitare comme jamais. La Place Faidherbe vibre, on a même l’impression qu’il veut tout rompre et tout casser sur son passage. Le public ne s’ennuie surtout pas du tout, car l’Américain fait monter la température à son maximum. Il se livre à une véritable démonstration de force et c’est du jazz rock pur et dur qu’il joue avec la complicité des autres membres du groupe qui étalent aussi tout leur talent. Mais au moment où le public était très emballé, le guitariste américain opère un changement de cap.
Le jazz rock, rythmé, laisse la place à un jazz mélodieux et langoureux. Le musicien troque sa guitare avec la contrebasse qu’il manie avec la même facilité et le même talent. Le public est maintenant bercé dans la douceur de la nuit. Le bassiste, ses pianistes et son batteur dans une complicité parfaite jouent un jazz fusion, formidable, bien apprécié par le public dans une Place Faidherbe pleine comme un œuf. Malheureusement, un problème technique freine les ardeurs des musiciens qui peinent à se concentrer. Ils réussissent tout de même à terminer en beauté leur prestation, même si les derniers mots de Clarke n’ont pas été entendus.