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Le Comité sénégalais des droits de l’Homme (Csdh), investi des compétences de promotion et de protection des droits humains, est sans nulle doute la vitrine de la politique de l’Etat en matière de promotion des droits humains. Malheureusement, sa dotation en moyens matériels et financiers est très en deçà de ses attributions. Par ailleurs, la nomination d’un avocat, politicien et maire dans sa commune, est à n’en point douter une réelle menace des garanties d’indépendance édictées par les principes de Paris. Lesquels sont approuvés par l’Assemblée générale des Nations unies en 1993. Le Sénégal a toujours nommé à ce poste des hommes connus pour leur neutralité (Kéba Mbaye, Youssoupha Ndiaye, Alioune Tine). Jadis un modèle en Afrique, le Csdh a aujourd’hui perdu tout son lustre d’antan, passant ainsi du statut A au statut B.
La nomination d’un secrétaire d’Etat chargé, entre autres, des droits humains, en plus de matérialiser la volonté politique du Pr de renforcer les droits et libertés, offre une réelle opportunité à l’Etat de redorer le blason du Csdh. A cet effet, le tout nouveau secrétaire d’Etat chargé des Droits humains, et certainement le premier dans l’histoire politique du Sénégal, devrait sans délais mobiliser toutes les ressources et les énergies nécessaires afin de permettre au Csdh de retrouver son statut A. La promotion des droits humains, en plus du concours des Ong, ne pourrait être portée que par des mécanismes nationaux suffisamment outillés et aptes à réaliser le rêve d’un Sénégal où tous les droits humains sont connus de tous et respectés par tous.
Mouhamadou
Moustapha DIAGNE
Juriste, Expert en Droits de l’Homme et Paix,
Chargé de programme à Amnesty International
diagnmoustaf@hotmail.fr

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