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Monsieur le président de la République,
Je tiens tout d’abord à féliciter le Peuple sénégalais qui a montré toute sa maturité lors de l’élection présidentielle du 24 février dernier. Une fois de plus, notre Peuple a montré sa sérénité et son sens du devoir civique en allant voter dans la paix et le calme. Ce Peuple a librement choisi de vous accorder un second et dernier mandat de 5 ans afin que vous puissiez consolider les acquis économiques, sociaux et politiques amorcés depuis 2011. Je tiens d’ailleurs à vous féliciter pour cette réélection.
Cependant, Monsieur le Président, cette élection a révélé les signes d’une véritable fracture au sein de notre Nation. Même si cela peut paraître marginal, nous avons noté un vote régionaliste, ethnique et même religieux. Ces déterminants du vote constituent une forme de remise en cause de l’unité nationale et du sens même du commun vouloir de vie commune. C’est cette fracture qui rend votre tâche plus qu’ardue au lendemain de votre réélection. Votre responsabilité est grande en de pareilles circonstances. Je ne doute point que vous en êtes grandement conscient.
Monsieur le Président, dans ce contexte, vous avez la responsabilité d’apaiser le climat politique et social. Nous attendons de vous un geste d’ouverture envers votre opposition, et cela passe tout d’abord par la libération de Khalifa Sall.
Vous conviendrez avec moi, je l’espère, que ce quinquennat ne doit pas être celui d’un camp contre un autre. Nous n’avons pas besoin de la guerre de tous contre tous. Ce mandat doit être le symbole de l’unité et de la concorde retrouvée, conditions indispensables pour un Sénégal émergent.
Comme vous avez pu marquer à l’encre indélébile votre action en matière d’infrastructures, et même en ce qui concerne le volet social, vous devriez faire de même pour les réformes institutionnelles à une démocratie moderne. La défiance de certains de nos concitoyens envers la justice ne peut rester sans réponse concrète de votre part. Nous avons besoin de retrouver la confiance totale à la justice qui est garante de la démocratie et de la paix civile. Il est de la responsabilité de tous, notamment de la vôtre, pour travailler à rendre à la justice ses lettres de noblesse.
D’autre part, aucun Sénégalais de ne doit être exclu de la gestion des affaires de la cité. Il est nécessaire de trouver de fortes convergences et un consensus autour des grandes lignes et principes de la politique de la Nation. Et cela passe par l’instauration d’un dialogue sincère et permanent entre l’ensemble des acteurs de la vie publique.
Aussi, je rêve de voir pouvoir et opposition assis côte à côte pour fêter ensemble l’anniversaire de notre accession à l’indépendance le 4 avril prochain. Monsieur le Président, vous avez les moyens de réaliser ce rêve de simple citoyen que je suis, et je ne peux que compter sur vous pour qu’il soit réalisé.
Notre Peuple est demandeur de ces moments où c’est la patrie qui appelle, c’est la République qui compte, et dans un élan républicain, nous magnifions le Sénégal que nous aimons toutes et tous.
Pape Bocar DIALLO
Diplômé en Droit et Science Politique
Spécialisé en Conduite et Evaluation des Politiques Publiques
bdiallob@gmail.com

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