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Les diplomates africains accrédités à Dakar ont planché sur les enjeux du dividende démographique. Ils suggèrent aux pays africains de suivre l’exemple des Tigres asiatiques.

Dans le cadre de la célébration de la Journée de l’Union africaine, le Groupe des ambassadeurs africains accrédités au Sénégal est sorti de sa réserve pour parler de l’avenir de la jeunesse du continent. Sur  le thème «Tirer pleinement profit du dividende démographique en investissant dans la jeunesse», ce cadre d’échanges, d’informations et de partage d’expériences permettra une meilleure  compréhension des défis auxquels doit faire face la jeunesse africaine. Ils font face à un souci : comment tirer profit du dividende démographique. Le dividende démographique est le gain de croissance économique qu’un pays peut gagner lorsque sa population en âge de travailler est plus grande que la population inactive. Un terme à démystifier, à en croire, Mabingue Ngom, directeur régional du Fonds des Nations unies pour la population. «Donc, c’est une manne qu’un pays peut gagner en investissant dans sa jeunesse», soutient le fonctionnaire onusien.
Il faut savoir que dans les pays africains, la jeunesse ploie sous le poids des difficultés. Les Etats doivent investir dans la création d’emplois productifs, dans la santé, dans l’éducation et insister sur la bonne gouvernance pour corriger ces impairs.  Par exemple, les Tigres asiatiques ont pu tirer entre 40 et 60% de leur gain de croissance de leur dividende démographique. «C’est pourquoi nous pensons que l’Afrique doit profiter de cette voie de développement des options d’investissement qui permettront de réaliser, de capturer un peu le dividende démographique»,  déclare M. Ngom.
En outre, le fort taux démographique crée une large population de jeunes en âge de travailler sans opportunités en vue. Cette forte croissance est passée  de 6,6 enfants à 5 enfants par femme au Sénégal respectivement entre 1986 et 2010, selon une étude du Centre de recherche en économie et finance appliquées de Thiès. L’ambas­sadeur de Madagascar, Parén Auguste, estime «qu’il doit y avoir d’abord des investissements». «Ensuite, la planification familiale parce que le dividende  se capture à partir d’une baisse de natalité, c’est-à-dire faire de telle sorte que la population active soit plus importante que la population dépendante, qui doit être prise en charge. Et enfin, investir dans la santé, l’éducation, les infrastructures, l’industrie. Il y a donc une approche holistique qu’il faut faire au niveau des Etats. Ce n’est pas suffisant de faire des dons, c’est de la charité. Ce qu’il faut, c’est de s’attaquer au problème, à la maladie mais pas aux symptômes de la maladie», conclut le diplomate.
Stagiaire

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