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Malick Fall, Sg Saes.

Le Bureau national du Saes, réuni le samedi 14 décembre dernier, a porté une analyse froide de l’actualité dans le sous-secteur de l’enseignement supérieur, l’orientation des nouveaux bacheliers dans le public sans mesures d’accompagnement et l’arrestation du Dr Babacar Diop.

L’année universitaire qui s’annonce démarre sur une mauvaise note. Malgré les efforts notés pour une année universitaire 2019-2020 stable, la situation actuelle augure, selon le Syndicat autonome des enseignants du supérieur (Saes), des lendemains troubles. En effet, le ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation «peine à mettre en application» les mesures qu’il a annoncées au lendemain de la décision du gouvernement d’orienter tous les bacheliers de 2019 dans les établissements publics d’enseignement supérieur, ne pouvant plus s’acquitter de la dette contractée dans les instituts privés.
Cependant, la réalité est tout autre. Après presque trois mois d’attente des milliards promis en infrastructures, équipements, ressources humaines et financières, le Saes est préoccupé face à l’afflux massif de bacheliers sans mesures d’accompagnement. Pour rappel, il avait dès le 6 septembre annoncé les mesures nécessaires et le chronogramme adéquat pour une mise en œuvre réussie d’une telle décision.
Le syndicat constate avec amertume «la gestion catastrophique du processus qui a provoqué une confusion totale au sein de toute la communauté universitaire». Le Saes tient par ailleurs «le gouvernement res­ponsable» de tout ce qui découlerait de l’application de cette décision sans la mise en œuvre, au préalable, des mesures d’accompagnement demandées par les instances pédagogiques.
La direction générale de l’Enseignement supérieur a, une fois de plus, «montré ses limites au regard, entre autres, du manque notoire de transparence dans le processus d’orientation, de l’envoi d’informations contradictoires aux bacheliers, de la mise à l’écart de la Commission nationale d’orientation, seule instance habilitée à piloter le processus, de la non disponibilité d’un fichier fiable de bacheliers dans les Ufr et facultés et de la violation flagrante des décisions des instances pédagogiques sur les capacités d’accueil», fait remarquer le communiqué.
A en croire ce syndicat de l’enseignement supérieur, ces manquements conduisent inévitablement à un échec du processus d’orientation des bacheliers de 2019, d’autant plus que la tutelle s’emmure dans un mutisme devant cette cacophonie. «La déception du Saes est grande et les inquiétudes de la communauté manifestes puisqu’à cette situation viennent s’ajouter l’irrégularité du fonds de solidarité de l’enseignement supérieur, le retard inexplicable accusé dans la signature des textes de gouvernance censés permettre l’application de la loi cadre sur les universités publiques votée depuis 2015.»
Le climat social tendu ne se prête pas, en outre, à une résolution sereine des problèmes, car le front social reste particulièrement tendu avec l’arrestation de citoyens qui manifestaient pacifiquement contre la hausse annoncée du prix de l’électricité. Le Saes continue de défendre les principes de liberté, de justice et de solidarité. En ce sens, les enseignants du supérieur réitèrent leur soutien indéfectible au Dr Babacar Diop. Qu’ils souhaitent revoir très prochainement dans les amphithéâtres où il est impatiemment attendu par ses étudiants. Le Syndicat autonome des enseignants du supérieur exhorte enfin «les autorités à rapidement libérer tous les manifestants pacifiques arrêtés lors de cette marche contre la hausse du prix de l’électricité afin d’apaiser le climat social».

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