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Le recteur de l’Université de Thiès (Ut), Mme Ramatoulaye Diagne Mbengue, s’est prononcé hier, sur les mouvements d’humeur du Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (Saes) depuis la reprise des cours en présentiel. C’était en marge d’une séance d’informations sur le programme chimio-prévention du paludisme saisonnier des programmes nationaux de lutte contre le paludisme dont l’Ut a bénéficié d’un financement de 2,2 millions d’euros.

Revêtant sa toge de professeur de philosophie, Mme Ramatoulaye Diagne Mbengue considère son institution comme étant «une jeune université». En clair, dit Mme le Recteur de l’Ut : «Il n’y a pas de maturation sans difficultés.» Et de convoquer Hegel : «Parfois on ne peut se poser qu’en s’opposant.» Elle enchaîne : «La négation, les oppositions font partie de la vie et de la lente maturation qui nous permet de devenir véritablement ce que nous sommes. Donc, je situe les difficultés que nous traversons en ce moment dans ce processus de maturation de notre université. Car lorsque certaines questions sont posées, elles nous obligent à nous asseoir et à nous demander ce que nous voulons.» Parmi ces questions, la patronne relève «la gestion de deux choses : le foncier et les postes d’enseignants qui ont été octroyés à l’Ut».
S’agissant de la première question, Pr Ramatoulaye Diagne Mbengue précise : «Les recteurs ne s’occupent pas à proprement parler du foncier. C’est le ministère et l’Agence de construction des bâtiments et édifices publics (Acbep) qui s’occupent du foncier et de la construction. L’Ut attend qu’on lui livre des locaux. Et il se trouve qu’en 2017, un terrain qui était prévu pour abriter le Rectorat était raviné. Je n’étais pas encore recteur de l’Ut. Je pense que le recteur d’alors, d’après mes informations, a échangé ces 3ha ravinés contre 2ha sur lesquels des infrastructures pour notre université sont en train d’être construites.» Pour simplement dire : «Je n’y suis pour rien. Mais en vertu de la continuité de l’administration c’est un dossier que j’ai hérité.» Toutefois, fera-t-elle noter : «Nous continuons à réfléchir pour voir exactement ce qu’il en est.» Parce que, à l’en croire, «mon souci principal étant de sécuriser le patrimoine de l’Ut, parce que c’est une université en construction sur le site de la Vcn, il est important que ce patrimoine soit immatriculé et sécurisé». Et de signaler que sur ledit point «les malentendus ont été dissipés». Idem pour l’autre grief de la Coordination campus Thiès du Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (Saes) qui concerne des postes d’enseignants octroyés à l’Ut. «Il se trouve que sur trois enseignants de l’Ut, les deux sont des vacataires. Donc nous avons réfléchi et nous avons dit que notre université a un défi important à relever. Le premier défi c’est de parvenir à payer les vacations à temps parce que les vacataires qui nous accompagnent et dont notre institution dépend largement sont des pères et des mères de famille qu’il nous faut payer. Et lorsque je suis arrivée il y avait quand même beaucoup d’arriérés de vacations mais nous avons réussi à les éponger. Et nous avons dit qu’il s’agit maintenant de procéder à des recrutements et les services financiers de l’Ut ont fait des simulations et nous ont dit qu’on peut, sur ses ressources propres, recruter 20 postes.» Mais malheureusement, regrette Mme le Recteur de l’Ut, «la pandémie est arrivée. Et la tutelle, le ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, a octroyé aux universités des postes. Et l’Ut a reçu 20 postes autres que les 20 qui étaient prévus sur ses ressources propres. Et il était entendu que la masse salariale, pour couvrir les 20 postes que M. le ministre a bien voulu nous octroyer, viendrai après le recrutement des 20 enseignants. Donc l’université qui avait prévu 20 postes ne pouvait pas payer 40 enseignants en même temps. Ce n’était pas prévu dans son budget. Donc nous avons décidé de recruter les 20 postes octroyés par le ministère. Et lorsque nous recevrons l’argent correspondant à ces 20 postes nous pourrons procéder au recrutement des 20 postes que nous, nous avions prévus. Telle est la situation», détaille Pr Ramatoulaye Diagne Mbengue. Qui pense qu’il s’agit d’un «malentendu».
Elle ajoute aussi pour conclure, «finalement il est retenu que les 20 postes que nous avons recrutés vont être pris en charge par le budget de l’Ut. Et M. le ministre vient de nous notifier qu’il maintient les 20 postes dont il nous avait parlé». Lesquels postes, dit-elle, «seront notifiés, cette semaine, aux directeurs d’établissements pour qu’ils procèdent au recrutement sur ces 20 postes». Et de rassurer : «Tout s’est passé de manière tout à fait claire avec notre Conseil d’administration et les instances de l’Ut.»

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