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Le non-respect des engagements du gouvernement avec le Saes et la fermeture des restaurants universitaires sont un «sabotage continu de l’enseignement supérieur par le ministère de l’Economie, des finances et du plan». C’est la lecture faite par le Syndicat autonome de l’enseignement supérieur de la situation tendue dans les campus universitaires. Dans une déclaration, les camarades de Malick Ndiaye tiennent le gouvernement pour responsable des perturbations qui peuvent en découler.

L’année universitaire qui vient de démarrer risque d’être agitée. Le Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (Saes) a dans un document averti sur les «risques de perturbation dans le fonctionnement des universités suite aux actes et mesures pris par le ministère de l’Economie, des finances et du plan». Dans son document, le Saes dénonce «le non-respect du protocole d’accord» qu’il a signé avec le gouvernement le 15 mars 2018. Le bureau national dudit syndicat accuse le Trésor public «de ne pas respecter les engagements du gouvernement dans le protocole d’accord avec le Saes sur la retraite et notamment sur le fonds de solidarité, malgré les cotisations versées par les universités publiques depuis juillet 2018». Les camarades de Malick Ndiaye, qui qualifient cet acte de «sabotage continu de l’enseignement supérieur par le ministère de l’Economie, des finances et du plan», tiennent le gouvernement pour responsable des perturbations de l’espace universitaire qui découleront «du sabordage de ce protocole d’accord».
Se prononçant sur la situation dans les campus universitaires avec la fermeture ou la menace de fermeture de certains restaurants, le Saes soutient que «le gouvernement du Sénégal ne semble pas avoir appris des leçons de ces dernières années qui ont conduit à des dérapages inutiles». Le Saes tient la Primature, le Mefp et le ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation pour responsables de cette situation. Dans son document, il déclare que le ministère de l’Enseignement supérieur «n’a pas fait preuve d’anticipation et aurait dû, en accord avec les directeurs des Centres des œuvres universitaires, les repreneurs des restaurants universitaires et le ministère de l’Economie, analyser la situation financière et s’accorder sur les modalités pratiques de paiement avant la rentrée universitaire».
Le Saes accuse par ailleurs le ministère de l’Economie, des finances et du plan «d’avoir été à l’origine du ras-le-bol des étudiants de l’Ugb en mai 2018 pour cause de non-paiement de bourses d’études, du retard du redémarrage de l’Ugb et de l’Ut cette année pour cause de non-paiement des repreneurs des restaurants universitaires, des manifestations des étudiants orientés dans le privé pour cause de non-paiement de frais de scolarité». D’après les syndicalistes, malgré tout cela, le Mefp «continue de poser des actes qui finiront par anéantir tous les efforts consentis pour un espace universitaire apaisé». La Primature n’est pas aussi exempte de reproches. Pour le Saes, elle «n’a pas organisé de Conseil interministériel préparatif de la rentrée universitaire». Ce qui, selon les syndicalistes, «aurait permis de mettre toutes ces questions à plat et trouver une solution dans le cadre de la solidarité gouvernementale».
dkane@lequotidien.sn

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