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Si presque toutes les universités du pays abritent un incubateur destiné à favoriser l’émergence de projets de création d’entreprises et de startups innovantes pour les étudiants, dans leur fonctionnement, ces incubateurs butent sur un environnement peu structuré.

Presque toutes les universités du pays abritent un incubateur. Ces espaces dont l’objectif est de favoriser l’émergence et la concrétisation de projets de création d’entreprises et de startups innovantes valorisant les connaissances et les résultats de la recherche butent cependant sur un environnement encore peu structuré. Hier, à l’initiative de la Direction de la recherche et de l’innovation du ministère de l’Enseignement supérieur, un atelier d’échanges sur une stratégie nationale de promotion des incubateurs d’entreprises et d’accompagnement des Startups a réuni les acteurs des universités, du secteur privé et des partenaires. Selon le Dr Mapathé Ndiaye, directeur de l’Unité de formation et de recherche (Ufr) des sciences de l’ingénieur au sein de l’Université de Thiès, deux obstacles majeurs empêchent les incubateurs universitaires de jouer pleinement leur rôle. Il cite en premier lieu les procédures administratives peu adaptées. Directeur de Concree, une société spécialisée dans l’accompagnement des incubateurs en milieu universitaire, M. Babacar Birane explique que les startups ont besoin d’un environnement souple pour évoluer correctement. «Si l’administrateur de l’incubateur est adossé à une administration assez lourde, ça pose problème», dit-il. Il faut plus d’autonomie aux incubateurs, ajoute Dr Ndiaye, qui souligne qu’elles ont aussi souvent des difficultés à mobiliser des consultants au vu des grilles salariales pratiquées dans les universités. Mais pour M. Birane, il y a surtout un problème de formation. «Le reflexe dans un incubateur universitaire c’est juste d’aller prendre quelqu’un qui est dans l’Administration pour le gérer. Alors qu’il faut des compétences assez spécifiques et une expérience entrepreneuriale», indi­que-t-il. A toutes ces contraintes, s’ajoute celle du financement.
L’université est un écosystème assez riche en termes d’accès à la recherche et de compétences. «On y retrouve des étudiants qui ont une certaine interdisciplinarité, ce qui permet d’avoir des ressources techniques et des ressources en management. Mais, on y a aussi accès à des enseignants qui ont une connaissance approfondie et thématique et qui peuvent mettre ensemble tout ça pour démarrer quelque chose, le tester et une fois que c’est validé, ils peuvent aller chercher des financements à l’intérieur de l’université par exemple via des concours qui sont organisés», estime M. Birane.
Pour le directeur de la Recher­che et de l’innovation du ministère de l’Enseignement supérieur, Pr Amadou Thierno Gaye, le Sénégal va faire face à une démographie importante et avec le développement des universités publiques et des instituts supérieurs d’enseignement professionnel, il est important d’accompagner les jeunes à l’insertion professionnelle et à la création d’emploi. Aujourd’hui, beau­coup de jeunes étudiants ont déjà une idée entrepreneuriale avant de sortir de l’université. A Thiès, le Dr Ndiaye note même que seul un tiers des étudiants n’a pas d’idées d’entreprise. «Il faut généraliser cela et dans les curricula des universités, on a introduit l’entreprenariat, le développement personnel et la citoyenneté. L’objectif c’est que pour favoriser un environnement favorable à la création d’entreprises, il faut que les étudiants puissent se familiariser au milieu entreprenariat», souligne Dr Gaye. L’atelier d’hier a ainsi pour objectif de permettre un échange d’expériences et de savoir-faire entre ces jeunes qui ont monté leurs entreprises et les incubateurs, indique Dr Gaye. Il va également permettre de réfléchir sur l’écosystème à mettre en place, les outils et les mécanismes de financement ainsi que les types de partenariat et réseaux à développer.
mamewoury@lequotidien.sn

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