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Le chef de poste de sécurité du Tribunal de Rufisque, Abdou Khafor Diop, a été attrait hier devant la barre pour des chefs d’usurpation de deniers publics. Des faits qu’il a niés avec véhémence sans convaincre le Par­quet qui a requis 5 ans ferme à son encontre.

Depuis la création de leur structure, nombre d’agents de sécurité de proximité ont du mal à respecter leur uniforme. Certains qui appuient les Forces de l’ordre dans le maintien de la sécurité dans le pays sont souvent mêlés à des scandales. C’est le cas de Abdou Khafor Diop, attrait hier devant le Tribunal des flagrants délits pour usurpation de deniers publics. Les faits remontent au 7 janvier 2017.  Le prévenu, qui ne travaille que le jour, était de service le jour des faits. Au moment où son collègue Ibrahima Mbaye est venu assurer sa relève, il l’a surpris, dit-il, sortant du bureau du greffier en chef où les agents n’ont pas accès. En fait, cette pièce sert à garder aussi les scellés. Quelques jours après, il a été constaté la disparition de deux scellés. Un portable de marque Samsung et un autre de 90 mille francs. Mais comme le chef de poste Abdou Khafor Diop a été aperçu dans ce bureau le jour des faits par son collègue, tous les soupçons ont porté sur lui. Interpellé, il a été placé sous mandat de dépôt pour usurpation de deniers publics.
Devant le juge, le prévenu a contesté les faits avec véhémence. «Je ne suis pas auteur de ce vol. C’est une cabale montée contre ma personne pour me faire quitter mon boulot. Mon accusateur ne veut pas que je sois son chef», s’est-il défendu. Avant de préciser qu’un jour il a surpris un agent dans ce bureau qui avait dissimulé dans un sachet un poste téléviseur écran plat. Il s’en était ouvert au greffier en chef comme il lui est recommandé par ses supérieurs. Mais malheureusement, cette affaire est restée lettre morte, dit-il. En tout état de cause, ces dénégations contrastent bien avec les déclarations de son collègue qui a comparu à titre de témoin. «Quand je suis venu assurer la relève, j’ai trouvé que la première porte n’était pas fermée et je l’ai poussée. Quand je suis entré, j’ai touché la deuxième qui s’est ouverte aussi. C’est ainsi que j’ai vu Abdou Khafor sortir du bureau du greffier en chef. Il était nu. Et il m’a dit ce n’est pas toi qui es de service. Sa présence dans les lieux était troublante. Et quand je suis sorti, je suis allé m’en ouvrir à un ami. Je n’invente rien, et je n’ai rien contre lui. C’est bien lui que j’ai vu sortir du bureau du greffier en chef», soutient-il.
Le prévenu  a maintenu ses dénégations en révélant que son collègue lui a demandé  d’avouer et de quitter le Tribunal afin qu’il ne le dénonce pas. Mais pour son honneur, il a refusé, préférant aller en prison pour prouver son innocence.
Selon le maître des poursuites, les faits ne souffrent d’aucune contestation. Estimant que les dénégations du prévenu ne sont pas fondées, il a demandé de le déclarer coupable et de le condamner à 5 ans de prison ferme.
Un avis rejeté par le conseil de la défense : «Nous avons tous besoin de sécurité. Mon client n’a pas été trouvé en possession de scellés. Le témoin dit seulement qu’il l’a vu sortir du bureau du greffier en chef. Et au lieu de s’en ouvrir à qui de droit, il a préféré s’en ouvrir à un ami. Et c’est après 2 mois qu’on l’a convoqué pour lui dire que des scellés ont disparu.» L’avocat a plaidé la relaxe pure et simple pour faute de preuves. La décision sera rendue aujourd’hui.
justin@lequotidien.sn