PARTAGER

L’ancien gendarme Pape Abdoulaye Sow a été condamné hier à 6 mois assortis de sursis. Il comparaissait pour usurpation de fonction, exercice illégal de médecine et escroquerie portant sur 4 millions de francs. Les faits se sont produits le 28 juin dernier. Le prévenu, infirmier de son état, prodiguait des soins au vieux Sakho sur la demande du médecin traitant de ce dernier. Le jour des faits, quand il sortait de la maison de M. Sakho, il a aperçu un individu suspect dans le parking. «J’ai appelé le vieux Sakho par téléphone pour l’informer de la présence de cet individu sur les lieux, puis j’ai appelé sa fille. Quelques munites après, le vieux Sakho est sorti avec une torche. Quand il nous a vus venir, il est entré dans une maison en face. C’est ainsi que j’ai appelé la Brigade de gendarmerie, mais le commandant m’a demandé de l’amener. Ce que je ne pouvais pas faire parce que c’était une personne de forte corpulence. Et comme je ne voulais pas qu’on le linche, je me suis présenté au commandant comme médecin-commandant», a-t-il expliqué pour atténuer sa responsabilité. Pourtant, quand les gendarmes ont effectué une descente sur les lieux, ils ont salué Abdoulaye Sow qui a répondu par repos comme s’il était toujours gendarme. Ce qui a amené le juge à lui rappeler ses déclarations à l’enquête où il avait reconnu s’être présenté comme médecin-commandant. S’inscrivant dans une logique de dénégation à la barre, Abdoulaye Sow a tenu à préciser à l’intention du Tribunal que c’est trois jours après cet incident qu’il a vu le commandant sur la route. Ainsi, dit-il, «je suis allé vers lui pour lui présenter des excuses. Je lui ai d’abord dit que c’est moi qui avais appelé la fois dernière à la brigade en me présentant comme médecin-commandant. Je lui ai présenté mes excuses et il m’a demandé ma carte professionnelle. Quand je lui ai dit que je n’avais pas de carte, il m’a dit de le suivre à la brigade pour tirer au clair cette affaire», a-t-il indiqué.
Abdoulaye Sow n’est pas seulement poursuivi pour ces faits. Il lui a été reproché aussi le délit d’exercice illégal de médecine. En fait, selon les déclarations de la partie civile contenues dans le procès-verbal d’enquête, il a reçu plusieurs sommes du vieux Sakho pour l’achat des médicaments qu’il lui prescrivait jusqu’à hauteur de 4 millions de francs. A l’enquête, le mis en cause avait reconnu n’avoir reçu que la somme de 275 mille francs. Mais devant la barre, il a tout contesté en soutenant n’avoir jamais prescrit d’ordonnance et fait des diagnostics au patient. Selon lui, c’est sur les instructions du médecin traitant qu’il venait pour suivre le vieux Sakho. Ce que confirme la fille de ce dernier qui avait représenté son père à la barre. Celle fille qui serait la petite amie du prévenu n’a pas réclamé de dommages et intérêts. Le Parquet a requis 1 an ferme à son encontre. Un conseil rejeté par la défense qui explique qu’il n’a jamais escroqué le vieux Sakho. En attestent les déclarations de sa fille. Concernant l’usurpation, l’avocat dira que son client voulait seulement que les gendarmes se déplacent. C’est pourquoi il s’est présenté à eux quand ils lui ont demandé de conduire le suspect. Sinon, poursuit-il, il n’allait pas retourner vers le commandant pour lui présenter ses excuses. Il a plaidé la relaxe pour l’escroquerie et l’application bienveillante de la loi pour l’usurpation. Au finish, il a été condamné à 6 mois assortis de sursis après qu’il a été relaxé des chefs d’escroquerie et d’exercice illégal de médecine.
justin@lequotidien.sn

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here