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Des  conseillers municipaux, des membres d’organisations environnementales et de simples citoyens ont manifesté leur désaccord contre la validation annoncée du projet de centrale à charbon. Pour ces derniers, le maire Abou Ahmet Seck a abusé du Conseil municipal pour parvenir à sa volonté de donner le feu vert pour l’érection de cette infrastructure. A la faveur d’un séminaire organisé samedi par la mairie, les membres du front du refus ont haussé le ton pour afficher leur grande détermination à contrer ce projet qu’ils n’acceptent pas.

La validation du protocole d’accord pour l’érection de la centrale à charbon annoncé par le  maire Abou Ahmet Seck heurte la conscience de nombreux Bargnois qui ont tenu à le faire savoir samedi. Alors qu’un séminaire, à l’initiative de la mairie, se penchant sur l’impact économique des projets de l’Etat dans le département, se déroulait au complexe culturel El Hadj Ndiou­ga Dieng, les populations se sont massées à l’entrée avec des propos crus à la bou­che. «C’est un mensonge grotesque, je pèse bien mes mots, que de dire que Bargny a accepté la centrale à charbon», s’est étranglé Mamadou Pouye, coordinateur du front du refus contre l’érection de la centrale à charbon. Pour lui, tout ceci n’est qu’une machination orchestrée par le maire et qui va dans une direction autre que celle souhaitée par les populations dans leur grande majorité. Pour le conseiller municipal Mandoye Beune Ndoye, l’édile de la commune a usé de faux dans la gestion de ce protocole. «Il a agi en faux, parce qu’il a signé sur le dos de la représentation bargnoise (Conseil municipal) qui est l’organe délibérant», a en effet expliqué ce président de commission assurant que le seul point inscrit à l’ordre du jour de cette supposée rencontre de validation était la restitution des travaux du comité. «C’est à travers les réseaux sociaux qu’on a constaté le lendemain qu’un protocole a été validé», s’est-il désolé.  Ne restant pas au simple constat, le conseiller d’aviser de la poursuite du combat. «Pour le moment, nous sommes regroupés en coordination pour mener la bataille sur le plan administratif et juridique», a-t-il précisé. «Le comité qu’on a créé par arrêté a visé 44 personnes. Ce comité a eu pour objectif, en article 2, la réflexion  sur la transition du charbon vers le gaz et en même temps voir les respects des normes environnementales au niveau de la centrale à charbon», a spécifié pour sa part Daouda Guèye, membre du front du refus. «C’est le protocole du maire, mais pas celui de la population. Le comité n’a pas réfléchi sur le protocole et il n’a rien validé et en même temps, le conseil municipal qui s’est réuni le mercredi, n’a pas voté de protocole», a ajouté M. Guèye, qui est d’avis que le combat va se poursuivre. «Quand le maire dit que Bargny a donné son quitus pour la centrale à charbon, ce n’est pas vrai, parce que Bargny continue à dire non», a-t-il sèchement, conclu. Pour le coordinateur du front du refus M. Pouye, il s’agira de «continuer la bataille contre cette forfaiture environnementale pour rétablir la vérité de manière objective». Un combat, dit-il, à mener par tous les moyens mais en restant dans la légalité.  Les protestataires ont aussi copieusement hué, à sa sortie, le ministre Oumar Guèye venu représenter le gouvernement à la rencontre. Com­men­tant une supposé «division» qu’aurait créée la validation du protocole pour la centrale à charbon, le maire de la commune a tenu à rassurer sur les impacts environnementaux. «Ce projet sera parfaitement bien intégré. Il faut le rappeler : la centrale est beaucoup plus proche du pôle urbain que ne l’est  la mairie.  Donc, oui clairement, cette intégration environnementale sera parfaitement prise en compte», a soutenu Abou Ahmet Seck, réfutant l’idée d’une division au sein de la population. «Je vous laisse cette appréciation», a-t-il renvoyé aux journalistes.
abndiaye@lequotidien.sn

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