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Dimanche, lundi et mardi passés, le département de Vélingara a reçu une caravane dite de «jeunes leaders champions» venue de Bakel, qui est passée par Tambacounda et qui va faire Kolda et Sédhiou. Il s’agit de 80 caravaniers composés de jeunes adolescents coachés par les centres conseil pour adolescents des villes citées, des rappeurs, des sages-femmes, des laborantins, des spécialistes du counseling et qui, dans les différentes étapes, font des offres de services sanitaires, de la communication, des visites à domicile et des formations liées à la santé sexuelle et reproductive. Cela grâce à une collaboration entre le Projet de promotion des jeunes (Ppj), les centres Ado et l’Unfpa.
En sus de ces activités, la coordination de cette caravane a initié un «dialogue de haut niveau» entre éducateurs pairs et les autorités étatiques et chefs de services déconcentrés de la place. Le vice-président du Conseil départemental de la jeunesse, Mama Samba Diao, a eu l’honneur de présenter le rapport des problèmes des jeunes du département, fruit d’un travail de collecte fait dans les communes de Saré Coly Sallé, Sinthiang Coundara et Vélingara. D’em­blée, M. Diao a montré que quoique étant intéressé par les problèmes de santé sexuelle et reproductive des jeunes et des adolescents, le rapport a épluché différents secteurs de la vie, car enseigne-t-il : «Pour comprendre les problèmes des jeunes et y trouver des solutions, il faut comprendre leur environnement social et économi­que.» Aussi ce rapport s’est-il intéressé aux secteurs de l’éducation, de la santé, de l’emploi et l’émigration.  Il a notamment dit : «Les jeunes constituent 59% de la population du département et sont à 87% dépendants de leurs parents du fait d’un défaut d’emploi, que l’accès aux financements pour l’auto-emploi n’est pas une réalité et les offres de formation professionnelle sont quasi nulles : 2 centres de formation professionnelle.» Il poursuit : «Dans le domaine de la santé, le personnel est insuffisant et le plateau médical faible. Une forte mortalité maternelle et infantile est notée pour cause de forte prévalence du paludisme.» Ce n’est pas tout : «Les candidats et migrants de retour ne trouvent pas sur place un dispositif de réinsertion.» Chose qui rend vulnérables les jeunes, leur ôte toute autonomie et compromet leur capacité à prendre en charge leur santé sexuelle et reproductive.
A ces problèmes, le coordinateur du centre conseil pour adolescent, André Sambou, a ajouté : «Les mariages précoces et l’excision sont les problèmes numéro 1 des filles du fouladou. Elles passent du statut d’enfant à celui de mère, elles ne connaissent pas l’adolescence, car étant mariées entre 12 ans et 13 ans. Le mariage est aussi une affaire des garçons. Un garçon qui se marie à 15 ans, ne peut pas poursuivre ses études.»
L’adjoint du préfet du département, Mahamadou Sow, les chefs des services du développement rural et des travaux vétérinaires ont fait l’exposé des différents programmes de l’Etat dans leurs domaines de compétence respectifs. Ils ont proposé une série de recommandations pour rendre autonomes les jeunes et les adolescents et ont fourni des informations utiles pour les aider à mieux se comporter dans la vie, pour une meilleure santé sexuelle et reproductive.
André Sambou, coordinateur du centre conseil ado, a dit toute sa satisfaction à l’issue des 2 jours d’activités dans sa localité. Il justifie : «252 personnes sont dépistées, 125 hommes et femmes consultés par des sages-femmes, 144 personnes ont participé au dialogue de haut niveau, 152 personnes à la nuit culturelle, 66 nouveaux pairs éducateurs orientés dans différents modules liées à la santé sexuelle et reproductive et 519 individus visités à domicile.»
akamara@lequotidien.sn

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