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La communauté chiite Mozdahir du département s’est mobilisée à son siège de la ville de Vélingara ce mardi 10 septembre, coïncidant avec le 10ème jour, appelé Achoura, du mois lunaire musulman. C’est pour célébrer à leur manière ce jour différemment accueilli selon que l’on est musulman chiite ou sunnite.

Les musulmans chiites du Fouladou ont voulu manifester leur différence de pratique avec la communauté sunnite, majoritaire dans la localité, par une conférence religieuse. Près de 200 fidèles, venus de différentes zones du terroir, du guide religieux Chérif Mohamed Aly Aïdara ont écouté des communications sur les thèmes : «Achoura jour de fête ou jour de deuil ou encore Achoura est-ce la fête de la nouvelle année musulmane ?» Visage grave, ton entrecoupé par des sanglots, l’imam Boubacar Diao martèle : «Ce n’est pas une affaire de chiite ; tout musulman sincère doit considérer ce jour comme un jour de deuil. On ne peut pas se considérer comme fidèle du prophète et se réjouir à l’anniversaire du massacre de sa famille.» Puis de faire ce rappel historique : «C’est au 10ème jour de ce mois que le petit-fils du prophète, l’imam Hussein, a été assassiné à Karbala, avec lui tous ses compagnons, ses talibés et toute sa lignée.» L’imam Diao verse quelques larmes avant de poursuivre : «Les arguments brandis par les sunnites pour en faire un jour de fête est que c’est ce jour que plusieurs prophètes ont eu des événements familiaux heureux. C’est le cas des prophètes Adam, Moïse, Noé et Abraham. Vous conviendrez que quelles qu’en fussent les dimensions de ce bonheur, il est effacé de facto par ce grand malheur qui a frappé la famille du sceau des prophètes. Le bon sens voudrait qu’à côté du malheur, que la célébration du bonheur soit différée.» L’imam Alarba Kanté, dans un ton tout aussi grave et solennel, a fait le même rappel historique pour indiquer qu’il est facile de reconnaître les siens en période de malheur : «Achoura est une mesure pour que l’on reconnaisse qui des Ahloul bayt et des autres sont fidèles amis du prophète Mohamed (Psl) et de sa famille.» Est-ce la célébration de la nouvelle année musulmane ? L’imam Alarba Kandé de répondre : «Tout nouvel an est célébré le premier jour. Pourquoi attendre le 10ème jour pour le faire ? Ce sont des arguments ourdis contre la famille du prophète pour justifier des réjouissances consécutives au massacre de ses bien-aimés petits-fils.»

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