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Photo d’illustration.

L’Association «Rester et réussir» a organisé un atelier à Vélingara pour écouter les migrants basés dans le département à propos de leurs difficultés d’ordre juridique et administratif. Mais les participants à cette rencontre ont plutôt étalé leurs difficultés économiques et leur situation sociale du moment.

«Clinique juridique du migrant» : C’est le nom du projet déroulé par l’Association «Rester et réussir» qui œuvre dans l’accompagnement juridique et le plaidoyer en faveur des migrants. Une équipe de ce projet était à Vélingara dimanche passé pour rencontrer les migrants établis dans ce département-carrefour (frontalier à 3 pays) dans le cadre d’un atelier de consultation juridique et de plaidoyer des migrants. Le coordonnateur dudit projet, Pape Meïssa Guèye, a informé sur les objectifs de l’atelier : «Nous sommes venus écouter les migrants, échanger avec eux, déceler tous les problèmes rencontrés pour y apporter des solutions. Des problèmes relevant de leurs droits, des problèmes administratifs, des difficultés de tous genres. Beaucoup de migrants transitent par-là du fait de sa position géographique. Il est possible que des migrants soient ici en difficultés pour une raison ou une autre. Nous nous engageons à référer ces migrants auprès de spécialistes ou vers des structures spécialisées.»
Les 26 participants à cet atelier étaient tous des migrants de retour du périple saharien, natifs de la localité. Ils n’ont pas évoqué de problèmes de droit ou administratifs, mais ont surtout évoqué des regrets, des mésaventures, des difficultés de réinsertion économique et sociale. Mahamadou Sow, la quarantaine sonnée, natif du village de Saré Maly, raconte : «J’ai séjourné au Maroc. Pour m’y rendre, j’ai vendu chevaux, matériels agricoles et bœufs. Après plusieurs années là-bas, je suis revenu difficilement, grâce au soutien de l’Oim. A mon retour, la famille a cru que c’est moi qui étais poursuivi par la poisse. On a vendu le reste de nos vaches et matériels agricoles pour que mon jeune frère fasse le même chemin. Celui-là a été plus malchanceux que moi. Aujourd’hui de grands producteurs que nous étions, nous sommes réduits à attendre que des voisins et des parents nous prêtent leurs matériels agricoles pour commencer l’agriculture. Nous n’avons plus rien. Malheu­reusement, nous avons l’impression que les financements de l’Etat sont faits pour les autres, pas pour nous.»
Ousmane Seydi Diallo de la ville de Vélingara est, lui, poursuivi par l’image des débris de crâne de leur capitaine de navire qui l’ont touché, pulvérisé par les garde-côtes espagnols qui le sommaient de s’arrêter.
La note gaie de ce panel est venue du propriétaire du campement touristique le Lew lewal (clair de lune). Demba Mballo, un ancien émigré qui a raconté : «Si j’étais resté en Europe, je n’allais jamais devenir un chef d’entreprise qui emploie 10 personnes nourries, logées, avec un salaire mensuel régulier. J’avais une vision, un projet et j’ai pris de l’argent à la banque à mon retour.» Puis de proposer : «Je ne crois pas que la solution soit de financer individuellement les jeunes. Sils ne sont pas préparés à gérer de l’argent, ce sera l’échec. Je crois qu’il faut plutôt créer des entreprises pour employer ces jeunes. S’ils ont des salaires réguliers, ils n’iront nulle part.»
Plusieurs propositions pour retenir les jeunes du Fouladou au pays sont faites ; propositions que l’atelier s’est proposé de documenter et de chercher à trouver les moyens de leur mise en œuvre.

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