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Les complaintes des citoyens de Vélingara relativement aux bénéficiaires de l’appui en vivres aux impactés du Covid-19 sont provoquées par la composition du Registre national unique (Rnu) constitué d’allocataires des bourses de sécurité familiale et de ménages répertoriés, suite à des enquêtes de terrain sur le niveau de pauvreté des ménages. Le Rnu est infesté par des «oublis », des «foyers plusieurs fois bénéficiaires» et des «doublons».

La distribution de l’appui alimentaire du Programme de résilience économique et sociale (Pres) des ménages sénégalais rendus vulnérables par la crise sanitaire liée à la pandémie à coronavirus est en phase terminale. Plusieurs commissions sont sur le point de déposer leur rapport de fin d’activités. C’est le cas dans les communes de Kandiaye, Kounkané et Vélingara. Ces 3 communes, comme d’ailleurs l’ensemble des 14 collectivités territoriales, ont pour points communs d’avoir enregistré des complaintes de bénéficiaires de bourses de sécurité familiale surpris de ne pas voir leurs noms figurer sur les listes et les commissions ont constaté, impuissantes, que plusieurs membres d’un même foyer se retrouvent allocataires de l’appui du Covid-19.
Au même moment, des familles au pouvoir d’achat inférieur sont absentes desdites listes. En plus, sur les listes, il y a des noms avec les mêmes références identitaires qui reviennent 2 fois. Mamadou Samba Baldé, vice-président de la commission de distribution de Kandiaye, a levé un coin du voile sur les difficultés rencontrées. Il a dit : «Le Registre national unique (Rnu) contient 1 104 bénéficiaires. Il nous est venu du ministère de tutelle. Il est censé contenir tous les bénéficiaires des bourses familiales et d’autres chefs de ménages vulnérables. On a autorisé la commune à étendre l’appui à 118 autres ménages pour 64 villages. Malheureusement, le Rnu a omis plusieurs boursiers. En ciblant les ménages à augmenter, nous nous sommes abstenus de choisir les boursiers. Ce sont les boursiers omis qui sont en train de crier à l’injustice. La commission n’y est pour rien.»
Intervenant dans une radio de la place, le maire de Kounkané, Mohamed Nourou Baldé, en plus du problème de Kandiaye, a relevé un autre. Il dit : «Dans l’allocation des bourses de sécurité familiale, certaines familles ont enregistré plusieurs bénéficiaires. Fort heureusement pour certaines familles, la totalité de leurs bénéficiaires sont retenus pour cet appui. On peut retrouver dans un même foyer 3 bénéficiaires. Au moment où des familles voisines dans le besoin sont zappées.» Il poursuit : «J’en ai fait la remarque au sous-préfet (Daouda Sarr) à qui j’ai proposé d’affecter une partie de ces cas à des familles voisines oubliées. Légaliste, M. Sarr ne m’a pas suivi. C’est pourquoi beaucoup de citoyens, étant au courant de cette situation, ont crié à l’injustice.» En outre, souligne M. Baldé, «sur le Registre national unique, il y a près de 50 cas de doublons, c‘est-à-dire les mêmes personnes reviennent 2 fois comme allocataires. Avec l’autorité administrative, nous déciderons de réaffecter leurs kits à d’autres nécessiteux.»
Autre localité, autre problème. Dans la commune de Vélingara, ce sont des femmes membres de familles ayant un des leurs à l’étranger qui se sont plaintes d’avoir été injustement écartées des heureux bénéficiaires. «Pour la simple raison qu’un fils ou un époux est à l’étranger, oubliant que ceux-ci sont aussi, ou plus, durement impactés par la maladie. Nos époux et enfants n’envoient plus rien. Ils ne travaillent plus ou sont confinés. Malgré mon insistance, le délégué de quartier a refusé d’enrôler le moindre ménage d’émigré», s’est plainte Fatoumata Danso, épouse d’émigré. C’est en réponse à cette complainte d’une quarantaine de familles d’émigrés que le secrétaire général du Rassemblement pour la citoyenneté et le développement (Rcd), Ibrahima Barry, a décidé de venir en appui à 35 de ces ménages. Comme il l’a auparavant fait avec les griots, les photographes, les disc-jockeys, «jakarta men», chauffeurs et cochers dont les activités sont ralenties par la pandémie.
Parmi les critères d’obtention de cet appui, il y a l’allocation préalable de la bourse de sécurité familiale.

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