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C’est une situation dramatique. Des heurts, qui ont opposé des douaniers en poste à Nianao et des pèlerins bissau-guinéens, qui auraient refusé de payer des passavants pour accéder au territoire sénégalais, ont fait un mort et trois blessés du côté des fidèles de Thierno Amadou Baldé, qui organisait sa ziarra annuelle à Médina Gounass. On a appris que des véhicules de transporteurs sénégalais ont été saccagés à Pirada, ville bissau-guinéenne la plus proche du territoire sénégalais.

Le village de Nianao, situé à 3 km de la frontière sénégalo-bissau-guinéenne, a connu une matinée trop mouvementée hier. La cause ? Des pèlerins venant de la Guinée-Bissau et voulant rallier la cité religieuse de Médina Gounass s’en sont pris aux Forces des douanes de la localité, qui leur ont demandé de présenter leur passavant avant de poursuivre leur route. Les pèlerins rétorquent que c’est pour la première fois qu’on leur demandait cette pièce et qu’ils n’étaient pas disposés à s’acquitter de ce «nouveau droit», qui devait s’échanger contre 2500 francs Cfa par véhicule. Selon nos sources, sur place étaient stationnées des dizaines voitures.
La détermination des Gabelous à faire respecter la règlementation s’est heurtée à l’intransigeance des fidèles du khalife des peulhs Fouladou, Thierno Amadou Baldé. Les nerfs surchauffés, impatients de rallier Médina Gounass, les pèlerins, qui se comptaient par milliers, ont envahi le bureau de l’agent des douanes en faction, déterminés à ne pas payer le passavant comme l’ont fait certains d’entre eux. Selon toujours nos sources, l’agent des douanes, excédé par le bruit et les menaces de mort, a sorti son arme pour tirer en l’air. Les pèlerins tinrent son bras qu’ils ont tiré vers le bas, ce qui a causé l’irréparable : 1 mort sur le coup. Puis il y a eu des blessés dont 3 dans un état grave. Le corps de la victime a été transporté au Centre hospitalier régional de Tam­bacounda pour les besoins de l’autopsie. Plus tard, un contingent de militaires venus de Kolda se trouve à Nianao pour sécuriser la frontière et les populations.

Mesures de réciprocité à Bissau
Des mesures de réciprocité contre des transporteurs sénégalais ont été signalées en territoire bissau-guinéen. Leurs voitures seraient saccagées à la gare routière de Pirada, située à quelques kilomètres de la frontière sénégalaise. Certains auraient été sévèrement battus. Les autorités administratives du Séné­gal sont sur le qui-vive et sont en train de jouer la carte diplomatique pour apaiser la situation.
Il faut rappeler que depuis la fin des années 80, le khalife Thierno Amadou Baldé reçoit, annuellement, ses fidèles qui se comptent par milliers, venant de toutes les régions du Sénégal, de la Gambie et surtout de la Guinée-Bissau d’où sont originaires ses parents. Cet événement, appelé «Ziarra Thier­no Amadou», a commencé avec l’éclatement du confit ethnico-religieux, qui a opposé les peulhs venus du Fouta Toro (disciples de Thierno Mamadou Saïd Bâ) et les peulhs Fouladou, originaires pour la plupart de la Guinée-Bissau et du département de Kolda. Ces derniers, pour avoir boycotté le Daaka, ont créé leur propre événement religieux.
akamara@lequotidien.sn

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