PARTAGER

Sous la facilitation de Grand-mother project (Gmp), les enseignants, les notables et les grands-mères du quartier Nasroullahi de Vélingara ont identifié, ensemble, les freins à une scolarisation normale des filles et ont décidé de collaborer pour leur élimination.

Rencontre de deux savoirs : c’est l’intitulé de l’atelier qui a réuni, vendredi et samedi, enseignants de l’école Thierno Mous­tapha Barry de la commune de Vélingara, des notables du quartier et des grands-mères. Mama­dou Coulibaly, chargé des programmes de Gmp, a informé sur le contenu des échanges. Il déclare : «C’est la rencontre du savoir des aînés, des grands-mères en particulier, et celui des enseignants. Ils ont discuté sur la problématique de l’éducation, des filles en particulier. Ils ont fait la différence entre instruction et éducation qui suppose des attitudes et des comportements tels que le respect, la pudeur, l’honnêteté, l’amour du travail, la modestie, etc. Et puis il a été identifié les contraintes à cette éducation.» Parmi les contraintes notées par ces personnes «issues de différentes époques», il y a  «le non-enregistrement à l’état-civil, les grossesses et mariages précoces, l’usage inconsidéré du téléphone portable et de la télévision». Abdoulaye Baldé, un imam du quartier, participant à cette rencontre, dit : «Nous avons relevé qu’il y a une crise des valeurs au sein des jeunes générations surtout des jeunes filles. Nous avons dit pour le retour de ces valeurs indispensables à une bonne éducation, il faut restaurer la communication entre les enfants et les aînés. Il faut restaurer des canaux de communication tels que les contes et les veillées autour des grands-mères. Pour cela, l’usage du téléphone portable et de la télévision doit être contrôlé. Mais, aussi il faut donner un acte d’extrait de naissance à tous les enfants.»
Des contraintes que l’atelier  a demandées à lever de façon communautaire. Mahamadou Diao, enseignant, avance : «Nous avons décidé que des personnes âgées pourraient nous aider à renforcer nos cours en les invitant à venir en classe  parler des méfaits du portable et de la télévision et de proposer, à la place, des contes et autres causeries plus instructifs et éducatifs. Des grands-mères se sont engagées à le faire.»
Halimatou Diallo, une grand-mère du quartier, s’est engagée à organiser, avec ses pairs, des rencontres et fora dans le quartier pour sensibiliser sur l’importance de l’extrait de naissance pour l’enfant et pour ses parents, de même qu’à tenir un cahier pour enregistrer toutes les nouvelles naissances et aider les parents à trouver une pièce d’état-civil. Aminata Labo Diallo, une autre grand-mère, est plus préoccupée par les grossesses d’enfants. Elle s’est dit prête à venir en classe parler aux filles à travers des contes ou des causeries pour éveiller leurs consciences.
akamara@lequotidien.sn

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here