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Le Daaka de la cité religieuse de Madina Gounass s’ouvre ce samedi. La cérémonie d’ouverture sera présidée par le gouverneur de la région de Kolda, Ousmane Kane, aux environs de 17 heures. Après le départ de la délégation officielle le même jour après la prière de la nuit, les milliers de pèlerins qui vont rester à cet endroit, loin des habitations et des préoccupations mondaines, devront faire face à des conditions de séjour difficiles pour défaut d’approvisionnement correct en eau. Du moins, jusqu’à la veille de cet événement religieux qui va durer 10 jours (du samedi 8 au lundi 17 avril). «L’Etat du Sénégal n’a pas concrétisé les promesses tenues à la réunion nationale tenue à Dakar le mardi 28 mars dernier, relativement à l’approvisionnement correct en eau. De toutes les promesses tenues, nous n’avons rien vu. Pas encore de citernes, ni de bâches à eau», a informé, amer, le président du Comité d’organisation de l’événement, Saïdou Ba. Une situation qui inquiète le maire de Madina Gounass d’autant plus que plus d’un demi-million de pèlerins devront faire le déplacement dans un contexte de forte chaleur.
Pis, même «la ville de Gounass a soif», a déclaré M. Ba, par ailleurs maire de la cité religieuse. La cité reçoit des milliers d’étrangers le temps du Daaka et même après, surtout des femmes qui, interdites d’accès au site de la retraite, font leurs dévotions à Gounass et attendent le retour du khalife pour le rencontrer et recueillir ses prières.
Pourtant, au terme de la réunion préparatoire tenue à Dakar en fin mars dernier, le ministre de l’Intérieur et de la sécurité publique, Abdoulaye Daouda Diallo, avait pris des engagements pour satisfaire les doléances du «Dental Daaka», surnom du comité d’organisation, relatives à la mise à disposition de 40 camions citernes, de 62 bâches à eau, de la mise en marche du forage du quartier Sifao et de l’extension du réseau aux villages environnants.
A côté du manque d’eau, le maire de Gounass a noté que l’Etat n’est pas venu à sa rescousse pour l’éclairage public de la cité Tidiane. «Plusieurs quartiers sont plongés dans le noir dès la tombée de la nuit», a noté M. Ba.

Point de satisfaction : la sécurité
Le maire de Madina Gounass, par ailleurs président du Comité d’organisation du Daaka, a relevé des points de satisfaction quant à l’appui de l’Etat. Saïdou Ba dit : «Sur le plan de la sécurité, l’Etat est allé au-delà de nos attentes. Le dispositif sécuritaire est renforcé en comparaison aux autres années. Nous avons reçu 104 éléments des sapeurs-pompiers et 3 escadrons de la gendarmerie, soit à peu près 150 hommes.»
A rappeler que tous les ans, à la même période, est organisé ce pèlerinage appelé Daaka. Il est institué depuis le début des années 1940 par le premier khalife et fondateur de Médina Gounass, Thierno Mamadou Saïdou Ba, père de l’actuel khalife Thierno Amadou Tidiane Ba. La retraite a lieu à 10 km de Gounass et les pèlerins construisent eux-mêmes leurs abris provisoires en matériaux faits de paille, de bambou ou encore de branchages. Depuis 2014, les lieux sont en train de connaître une couche de modernité avec l’érection de tentes et murs en dur, surtout pour ce qui tient lieu de mosquée et d’habitations des autorités religieuses et de leurs illustres hôtes.
akamara@lequotidien.sn

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