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Un spécialiste des questions migratoires a déclaré à Vélingara qu’il était contre-productif d’essayer de sensibiliser les candidats au départ. Le mieux pour lui était de les informer sur les risques et réalités de l’aventure.

«Dynamique migratoire Maghreb-Sahel-Sénégal : quels défis pour le département de Vélingara ?» est le thème d’un forum organisé la semaine passée, dans un hôtel de la ville de Vélingara, initié par l’Entente Ardv-Maare, en collaboration avec le Conseil départemental de la jeunesse. Il a enregistré la participation d’éminents spécialistes des questions migratoires, du préfet, des chefs de services déconcentrés de l’Etat et de nombreux jeunes. L’expert des questions migratoires en Afrique de l’Ouest et du Centre, Badara Ndiaye, a dans sa communication indiqué que la sensibilisation est contre-productive dans la recherche des solutions contre l’émigration irrégulière.
Il s’est défendu : «Depuis 2006, beaucoup d’argent est investi sur la notion de la sensibilisation pour stopper les migrations. Dans le cadre des activités de mon association Diaspora, développement, éducation, migration (Diadem), je me suis rendu compte que le concept de sensibilisation n’est pas approprié, est même inefficace pour lutter contre les migrations irrégulières.» M. Ndiaye a poursuivi : «Sensi­bi­li­ser, c’est mettre dans une situation de sensibilité par rapport à un phénomène. Or la sensibilité par rapport à un phénomène de ce type s’accompagne d’une sorte de résorption. Les jeunes ont une capacité de résorption par rapport à la sensibilisation. C’est comme quand on vous annonce un décès, vous manifestez un choc tout de suite, mais après c’est suivi d’une résorption, on oublie tout.»
Aussi, cet expert pense-t-il que c’est de l’information qu’il faut pour lutter contre les migrations. «La chaîne de télé Cnn a fait de l’information relativement au traitement inhumain que subissent les migrants noirs en Libye. C’est pourquoi il y a eu tout ce tollé autour du problème et des débuts de solutions ébauchées.»
A l’en croire, les candidats à l’émigration clandestine manquent d’information. Il déclare : «Ils n’ont pas d’information sur les routes migratoires, les pays d’accueil, la législation de ces pays, les opportunités d’emplois qui se trouvent dans leur localité d’origine.»
Le vice-président du Conseil départemental de la jeunesse, Mamadou Samba Diao, a tenu pour responsables les collectivités locales et l’Etat qui n’investissement pas assez dans des projets à haute intensité de main-d’œuvre pour la jeunesse scolarisée comme celle non scolarisée, ce qui fait que face à l’impossibilité de trouver un emploi, partir reste l’unique alternative qui s’offre aux jeunes.
Pour stopper l’émigration clandestine, ce forum a demandé à travailler sur un package d’informations à livrer aux jeunes et surtout à valoriser les emplois non-salariés nichés dans les secteurs de la foresterie, de l’agriculture, de l’artisanat et des services.
akamara@lequotidien.sn

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