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Dans la circonscription éducative de Vélingara, les personnes âgées sont souvent appelées en classe pour partager leurs savoirs et expériences. Elles sont parvenues à restaurer certaines traditions positives et aider à lutter contre les violences faites aux filles. Pour une meilleure rentabilisation de leurs interventions et la promotion de l’éducation des filles, l’inspecteur de l’éducation de Vélingara, Amadou Lamine Wade, a proposé d’organiser ces femmes en association de grands-mères d’élèves.

On connait déjà les Asso­cia­tions de parents d’élèves (Ape), de même que les Associations de mères d’élèves (Ame), mais une autre catégorie d’acteurs pourrait avoir leur structure à l’école : il s’agit des grands-mères. La proposition leur a été faite par l’autorité scolaire du département de cette localité de la région de Kolda, l’Inspecteur Amadou Lamine Wade. Devant une bonne centaine de vieilles femmes coquettement habillées, assises sur des nattes à même le sol, joyeuses de se voir honorées et d’être chantées, l’inspecteur a salué l’engagement des grands-mères dans la lutte contre les violences faites aux filles. «C’est magnifique de voir l’enthousiasme avec lequel ces femmes âgées s’échinent à partager leurs savoirs avec les élèves, la détermination avec laquelle elles veillent à l’intégrité physique et morale des filles, l’engagement avec lequel elles rendent service à l’école sans rien demander en retour», a-t-il déclaré. Et l’inspecteur d’éducation d’ajouter : «Au vu des résultats que leurs interventions à l’école ont provoqués auprès des filles, je crois qu’il est bon de créer dans les écoles des Associations de grands-mères d’élèves. Elles sont une couche non négligeable dans des zones de réticence. Eu égard au respect qu’elles inspirent, elles peuvent aider à la promotion de l’inscription et du maintien à l’école des filles. Elles peuvent aider à la surveillance et à la lutte contre les grossesses et mariages d’élèves.»
L’inspecteur Amadou Lamine Wade a fait cette proposition lors d’une journée d’hommage organisée, dans le village de Lam­batara, par l’Ong Grandmother project-changement par la culture (Gmp) à l’intention d’une centaine de femmes leaders originaires d’une vingtaine de villages des communes de Kandia, de Némataba et de la commune de Vélingara. A propos de cette  journée dédiée à ces partenaires de l’école et de Gmp, Mme Judi Auble fondatrice et directrice de l’Ong a renseigné qu’il «s’agit de reconnaître l’importance du rôle que la grand-mère joue dans la famille, dans la communauté et dans les écoles». De même, que «tout ce qu’elles sont en train de faire dans l’achèvement de l’éducation des filles». «C’est un hommage pour tout ce qu’elles font dans le règlement des conflits entre époux et épouses, entre brus et belles familles, pour la santé de l’enfant et de la mère. Elles ont été préparées à cela, en plus de ce qu’elles en savaient déjà», a-t-elle dit.
Lors de cette cérémonie, des femmes ont fièrement informé l’assistance sur des cas de conflits sociaux qu’elles sont parvenues à résoudre, des mariages d’élèves annulés et des cas de villages qui ne connaissent plus de grossesses non désirées grâce aux séances de contes et devinettes organisées avec les jeunes filles et les jeunes garçons. Si cette proposition du patron des enseignants de Vélingara venait à être adoptée, c’est l’approche Gmp pour le développement holistique des filles, la promotion des droits des enfants, la revalorisation des valeurs culturelles locales et la réhabilitation de rôle des grands-mères qui en seront vulgarisés à l’échelle du département. Il faut noter que pour le moment, seules les communes de Kandia (depuis 2009) et les communes de Vélingara et Némataba (2016) ont eu la chance de recevoir l’équipe de Mama­dou Coulibaly, chef des projets de Gmp. Pour rappel, c’est grâce au partenariat entre l’inspection de l’éducation et de la formation et Gmp dans les communes de Kandia, de Némataba et de Vélin­gara que les grands-mères préparées par l’Ong ont été autorisées à entrer dans les salles de classe, pour enseigner les valeurs culturelles positives de leur localité. Et aider ainsi les instituteurs à éclaircir certains aspects de nos traditions et enseigner des contes et des leçons de morale tirées de nos valeurs positives locales.
akamara@lequotidien.sn

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