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Impliquée dans la promotion du bien-être individuel et communautaire, l’Ong Grand mother project (Gmp-Changement par la culture) tente de mettre en place de nouvelles méthodes pour conjuguer au passé certaines pratiques sociétales.

Un sketch, une histoire sans fin. Voilà des prétextes qui ont permis à l’Ong Grand mother project (Gmp-Changement par la culture) d’enseigner à une trentaine d’adultes, de grands-mères, de femmes en âge de procréation, de jeunes écolières et écoliers et d’enseignants les recettes d’une forme d’éducation par le dialogue et l’écoute, par opposition à l’éducation par la peur.  C’était samedi et diman­che derniers dans une salle de classe de l’école Thierno Mous­tapha Barry de la commune de Vélingara. Les prétextes fournis ont mis en exergue, d’une part, des adultes conservateurs d’une méthode d’éducation, qui prône la punition, la sanction négative pour faire plier des enfants rétifs, sans leur donner le temps d’écouter et d’être écoutés en retour. Et d’autre part, il y a des adultes progressistes, qui écoutent les enfants, prennent en compte leurs remarques selon leur pertinence, leur donnent le temps de questionner les règles sociales pour une adhésion consciente et volontaire.
Convaincue par la méthode participative d’éducation des enfants, Maïmouna Sall, femme en âge de  procréation, note : «Nous avons appris, et c’est juste, qu’il ne sert à rien d’apeurer un enfant pour lui faire distinguer le bien du mal, lui faire respecter les règles de vie en communauté. Il faut l’associer dans la recherche de la solution au problème, lui permettre de pouvoir expliquer pourquoi une règle est bonne pour soi-même ou pour la communauté.»   Ma­lang Sagna collabore avec Gmp-changement par la culture, il détaille le contenu de la formation : «Nous utilisons des outils, comme les sketchs et les histoires sans fin : ils relatent un fait, tel que le mariage précoce, la grossesse précoce, ou la scolarisation des filles. Les participants réfléchissent là-dessus, donnent leur point de vue et dégagent des solutions. C’est ainsi, qu’ensemble, sont dégagées des solutions préventives et non punitives.»
Expliquant la philosophie de Gmp-changement par la culture, Mamadou Coulibaly, chargé des projets, enseigne : «Grand mother project utilise des méthodes participatives d’éducation des adultes pour promouvoir le dialogue entre générations et entre genres afin de promouvoir le respect mutuel, la compréhension et la cohésion sociale et parvenir à un consensus sur des actions prioritaires à mener pour le bien-être de la communauté.» Par cette méthode, Gmp-changement par la culture est parvenu, dans maints villages du département de Vélingara, à réduire le taux de prévalence de l’excision et des mariages d’enfants. En explorant la commune de Vélingara, cette Ong vient d’élargir ses interventions en milieu urbain, là où les valeurs culturelles traditionnelles, même les plus positives, subissent de plein fouet les contrecoups d’une ouverture incontrôlée  au monde extérieur. Pour intervenir dans la ville de Vélingara, Gmp-changement par la culture a bénéficié du soutien financier de l’Ambas­sade du Canada au Sénégal, renforcé par la Fondation Nando Peretti.
akamara@lequotidien.sn

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