PARTAGER

La région de Kolda est l’une des plus grandes zones de départ pour l’émigration clandestine. Pour stopper le phénomène, Amnesty international estime que l’Etat doit créer des opportunités d’emplois pour les jeunes afin de les inciter à rester au pays.

Du 1er janvier 2016 au 18 octobre de la même année, 260 ressortissants de la région de Kolda, candidats à l’émigration clandestine vers l’Europe, ont demandé à être rapatriés des villes et villages nigériens. Ce qui constitue un taux de 34% des demandes à l’échelle nationale. Kolda est loin devant la région de Tamba­counda (126) et Dakar (85). Cela, compte non tenu des centaines d’autres jeunes qui ont pu rallier le Maroc, la Lybie ou l’Europe dans la même période et dans des conditions exécrables. Ces informations ont été données par Amnesty international qui organisait, en collaboration avec la Fondation Konrad Adenauer samedi passé, un atelier de formation et de sensibilisation sur le thème «Migrations et droits humains» tenu dans un hôtel de la ville de Vélingara, dans la région de Kolda. Ces chiffres sont assez éloquents sur l’ampleur du phénomène dans cette région du sud du Sénégal. Pis, pour quitter leur localité, à en croire Amnesty, ces jeunes délestent leurs parents d’une partie de leur avoir constitué de terres (à usage agricole), de bétail ou de bijoux. «Un fléau économique», a commenté le directeur exécutif d’Amnesty international, Seydi Gassama, qui intervenait au cours de cet atelier. Ce sont toutes ces conditions de départ et les affres du voyage qui ont indiqué le chemin de la région de Kolda aux «droits de l’hommistes» d’Amnesty pour organiser cet atelier. Seydi Gassama explique : «Nous sommes à Vélingara dans le cadre d’une campagne de sensibilisation contre l’émigration irrégulière qui est devenue un fléau en matière de droits humains, un fléau économique. Kolda est durement éprouvé. Nous venons de Médina Yoro Foula où chaque village a son lot de morts ou de disparus dont la famille n’a pas de nouvelles depuis longtemps. Nous avons choisi d’aider à stopper ce phénomène par la sensibilisation. Tous les participants doivent être des vecteurs de sensibilisation auprès de leurs pairs et de leurs communautés.» M. Gassama s’est empressé de faire cette précision : «C’est l’Etat qui a la solution. C’est à l’Etat de donner du travail aux jeunes pour les inciter à rester au village. Il faut leur donner des opportunités. On ne peut pas dire aux jeunes ‘’ne partez pas’’ si on ne leur donne pas des opportunités.» Et d’ajouter : «Depuis des années, on parle du financement des projets de jeunes, mais très peu ont obtenu ces financements. Nous nous engageons à faire le plaidoyer auprès de l’Etat pour que ces financements soient libérer au profit des jeunes.» A cet atelier sont invités des leaders de jeunes au niveau des Asc, des conseils de jeunesse, des associations d’anciens émigrés, des leaders de femmes… qui doivent, tous, aller au tableau pour enseigner à leurs mandants les leçons retenues de cette rencontre. Divers thèmes ont fait l’objet de communication. Entre autres, «Causes et conséquences de l’émigration clandestine, Clarification des concepts sur la migration, Normes sur la migration et droits des migrants, La politique et les mécanismes mis en place pour l’emploi des jeunes etc.».

akamara@lequotidien.sn

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here