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Faute de moissonneuses adaptées au sol lourd des rizières du bassin rizicole de l’Anambé (sud du Sénégal), les premières pluies tombées dans le secteur 5 des terres aménagées par la Sodagri (Société de développement agricole et industriel du Sénégal) empêchent la récolte du riz arrivé à maturité dans cette zone du département de Vélingara. Les riziculteurs, en contre-saison, appellent au secours.

Les premières pluies sont toujours bien accueillies par les paysans. Mais les riziculteurs (en contre-saison) du secteur 5 du bassin rizicole de l’Anambé, au sud du Sénégal, faisaient déjà une course contre la montre en récoltant leur riz arrivé à maturité pour ne pas être surpris par les premières gouttes d’eau. Ce qu’ils craignaient arriva malheureusement. Les 3 pluies tombées dans le département de Vélingara empêchent les moissonneuses à roues de pénétrer dans les rizières pour récolter le riz, du fait de la nature très lourde du sol dans ces terres de la commune de Kandia, au nord-ouest du département de Vélingara. El Hadji Malick Dia, grand producteur de riz, par ailleurs maire de la commune de Kandia, a étalé ses craintes sur ces mots : «Nous sommes très inquiets. Sur plus de 200 parcelles emblavées dans le secteur 5, nous n’avons pas encore récolté 40 parcelles et la pluie est arrivée. Les terres sont boueuses, trempées d’eau. Impossible pour les moissonneuses disponibles de s’aventurer dans les parcelles. Chaque parcelle fait 1,35 ha. C’est dire que ce sont des épis de riz de plus de 300 ha qui sont menacés de pourrir sur pied.» Et d’ajouter : «L’Etat a fait de gros de efforts en dotant la zone de matériels agricoles lourds (pour la préparation des sols et la récolte). Seulement, les moissonneuses mises à notre disposition ne peuvent travailler que dans des sols secs. Ce qu’il nous faut, ce sont des moissonneuses à chenille.»
M. Dia a poursuivi : «Il faut une pause pluviométrique de quelques jours pour autoriser nos machines à reprendre le travail.» Sinon les pertes vont s’évaluer à des millions de francs Cfa. M. le maire a renseigné : «Sur la base du rendement de 6 à 7t l’hectare que les premières moissons ont donné, mes 50 parcelles devraient me rapporter plus de 50 millions de F Cfa. Ce serait une perte énorme si l’on devrait perdre tout le reste des parcelles non récoltées.» Il faut rappeler que les terres aménagées et gérées par la Sodagri, en collaboration avec les collectivités territoriales riveraines, sont de l’ordre 4 000 ha. Elles sont divisées en plusieurs secteurs gérés par des coopératives de producteurs. Certainement que tous les autres secteurs connaissent le même problème, car il s’agit du même type de sol et du même type de matériel agricole.

30 milliards pour réhabiliter 1 000 ha
Ce sont les producteurs du secteur G du bassin de l’Anambé et les riverains qui ont été les plus heureux à l’issue de la rencontre tenue vendredi passé entre la direction générale de la Sodagri, la direction technique, les partenaires et les producteurs. Le directeur général de la société rizicole a annoncé le démarrage imminent des travaux de réhabilitation de 1 182 ha dans le secteur G. Alpha Bocar Baldé a précisément dit : «Sur un cofinancement de l’Union européenne et de l’Agence française de développement, l’Etat va réhabiliter les terres du secteur G pour un montant de 30 milliards de F Cfa. Les travaux sont programmés pour une durée de 18 mois.» Le secteur G se trouve dans la commune de Saré Coly Sallé, au centre-nord du département.
La réhabilitation de ces terres va élargir l’assiette de la surface arable disponible à 5 000 ha. Une surface qui est actuellement de 3 820 ha. Le casse-tête de la forte demande en parcelles à exploiter au niveau des collectivités territoriales va connaître un début de réponse au niveau de la commune de Saré Coly Sallé.
Le Dg de la Sodagri a exhorté les producteurs à s’engager avec les techniciens et partenaires à une saturation du potentiel arable qui sera disponible, soit 5 000 ha, pour l’atteinte des objectifs d’une sécurité alimentaire des ménages du Sénégal. La Sodagri qui intervient depuis quelques années dans les régions sud du pays (de Ziguinchor à Kédougou) s’est fixée comme objectif de campagne en 2021 d’emblaver 400 mille hectares contre 15 mille pour la dernière campagne agricole.

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