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Les abris provisoires, les fortes pluies, le manque de toilettes et de points d’eau dans les écoles, les travaux champêtres  constituent les goulots d’étranglement de l’ambition gouvernementale de proposer la reprise des cours avant la fin officielle de l’année scolaire en cours, pour qu’elle ne soit ni invalide ni blanche.

Le ministre de l’Education nationale ne cesse de rappeler que «toutes les dispositions nécessaires ont été prises pour une reprise prochaine des cours» pour les classes d’examen. Il ajoutait par ailleurs que «la reprise des cours dépend des instructions des autorités sanitaires. Il faudra respecter le protocole sanitaire». Ces assurances du patron de l’école n’intègrent pas les facteurs climatiques, infrastructurelles et sociologiques, qui plaident en défaveur d’une reprise prochaine des cours au-delà de la première quinzaine du mois de juin : la pluie, les abris provisoires, les travaux champêtres.
La pluie, malgré les installations tardives de l’hivernage notées depuis quelques saisons, fait mauvais ménage avec les huttes qui servent de salles de classe à maintes écoles. Selon des chiffres recueillis auprès du bureau de la planification de l’Inspection départementale de l’éducation et de la formation, dans les écoles élémentaires se trouvent 189 classes en abris de fortune dont certaines accueillent des élèves en classe de Cm2 et 41 classes sont des huttes dans les collèges d’enseignement moyen. Dans le cycle moyen, les collèges de Médina Dinguiraye (commune de Némataba), de Coumba Diouma (Sinthiang coundara) et de Kaoné (Wassadou) sont entièrement en abris provisoires. Toutefois, l’inspecteur départemental de l’éducation et de la formation, Déthiouck Samba, tient à rassurer : «Nous avons donné des instructions pour que les établissements entièrement en abris dispensent les cours dans les écoles en dur les plus proches. Sur ce plan il n’y aura pas de problème.» Quid de la fréquence des pluies matinales ou diurnes ? En outre Mamadou Aliou Baldé, parent d’élève au Cem du village de Kandiaye, dit : «Notre agriculture n’étant pas mécanisée, nous avons besoin de tous nos enfants pour nous aider dans les champs. C’est la condition d’une bonne campagne agricole, gage d’une sécurité alimentaire dans nos ménages et du renouvellement de l’inscription des enfants à l’école.»
D’ailleurs, par rapport au respect du protocole de sécurité sanitaire, 104 établissements (tous niveaux confondus) sont sans points d’eau et 68 sans toilettes, selon le bureau planification de l’Ief. En considération de ces informations, le parent d’élève Mamadou Aliou Baldé propose que les cours reprennent au mois d’octobre prochain coïncidant avec la fin de l’hivernage.

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