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Le village de Saré Thierno Bassy est tranquille au milieu de vallées rizicoles dans la commune de Kandia, à l’extrême ouest du département de Vélingara. Ici, une grossesse contractée en dehors d’une relation conjugale formelle constitue «une honte, une balafre indélébilement marquée sur la face de la famille». Trois familles vivent cette situation depuis la rentrée des classes de l’année scolaire en cours. Suffisant pour susciter des interrogations au sein de la communauté. Mme Fatoumata Baldé, femme leader rencontrée au cours d’un forum des femmes organisé dans ledit village samedi et dimanche passés, explique : «Nous n’avions pas connu de cas de grossesses précoces depuis plusieurs années. Un cas, c’est déjà problématique. Cette année, nous en avons enregistré 3 cas presqu’au même moment. Nous nous sommes dit qu’il y a problème. Les différentes interrogations posées nous ont conduites à solliciter l’expertise de l’Ong Grandmother project (Gmp-Changement par la culture) que nous avons pratiquée les années passées et dont les enseignements nous ont permis de renforcer positivement l’éducation de nos filles. Mais depuis quelques années, il y a eu un relâchement.»
Le forum de samedi et dimanche passés est né de la volonté de reprendre la collaboration entre Gmp-changement par la culture et Saré Thierno Bassy. Surtout «à réfléchir, puis à s’accorder avec les communautés sur les voies et moyens d’assurer aux filles un développement holistique en les protégeant contre toutes les formes de violences qu’elles subissent, les maintenir à l’école et à faire d’elles des filles leaders, confiantes en elles-mêmes», a informé Mlle Mariama Diamanka, animatrice à Gmp-Changement par la culture. Les participantes au forum, une trentaine de jeunes filles, de femmes en âge de procréation et de grands-mères ont fait connaissance avec l’approche Gmp de protection et de développement holistique des enfants, des filles en particulier, qui repose sur 4 piliers essentiels : la culture, l’implication des aînés, à savoir les personnes qui ont de l’expérience, la communication entre les générations et la communication basée sur le dialogue et la recherche de consensus. Ainsi ont-elles passé en revue «les changements physique et psychiques que subit la jeune fille en état de puberté, la nécessité de restaurer la communication entre générations de femmes, en recherchant le consensus par le dialogue et l’écoute pour mettre la fille en confiance. De même que le rôle positif des grands-mères dans les familles», a poursuivi Mlle Diamanka.
Mieux, au cours des débats, Mme Aminata Seydi, animatrice à Gmp, a insisté sur les conséquences cliniques d’une grossesse d’enfant. Sans mettre le voile, elle a touché du doigt toutes les parties génitales qui peuvent être affectées par une grossesse précoce jusqu’à aboutir aux fistules obstétricales vaginales et autres conséquences que sont le divorce en cas de mariage et d’abandon scolaire. Les conséquences nuisibles de l’excision n’ont pas été oubliées.
Satisfaite des informations reçues au terme de la rencontre, Mme Fatoumata Baldé a pris l’engagement d’organiser, avec ses pairs grands-mères et femmes en âge de procréation, «des rencontres régulières avec les filles pour parler de leur carrière, de la nécessité de rester à l’école et surtout de s’abstenir de relations sexuelles jusqu’au mariage».

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