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Deux semaines après l’explosion d’un entrepôt de carburant à Mboro, qui a fait 6 morts et un blessé toujours en soins intensifs à l’hôpital El Hadji Abdou Aziz Sy «Dabakh» de Tivaouane, les populations de Mboro dénoncent la vente de manière clandestine de carburant dans leur localité. Aussi, elles se sont offusquées du mutisme des autorités face à cette tragédie.

L’explosion d’un entrepôt clandestin de carburant, qui a fait 6 morts et un blessé grave, à mis dans tous leurs états les populations de Mboro dans le département de Tivaouane. A l’origine du drame survenu le 23 février, à la cité Mariama, un soudeur métallique qui était en train d’exécuter des points de soudure. Et l’irréparable s’est produit quand les étincelles ont jailli pour aller enflammer l’entrepôt en question. Explosif !
Face à la presse, ce samedi, l’Association And défar Mboro a dénoncé le mutisme des autorités locales et nationales face à ce drame qui a coûté la vie à 6 personnes. Cheikh Ahmed Tidiane Sall pense que «cette tragédie met à nu le dénuement qui caractérise leur commune». Il décrie : «à Mboro tout est priorité. Il y a une absence totale d’infrastructures de base. Il n’y a pas d’hôpital encore moins de brigade de sapeurs-pompiers. Un service de police n’en parlons pas. Il y a une absence totale de structure d’assistance alors que nous sommes dans une zone d’insécurité. Les populations sont laissées à elles-mêmes. Et nous avons le sentiment d’être des populations de seconde zone», s’étrangle l’enseignant au Lycée Taïba Ics, qui interpelle le gouvernement du Sénégal et plus particulièrement le président de la République Macky Sall pour qu’il leur vienne en aide. «Malgré la présence de géants tels que les Industries chimiques du Sénégal (Ics) et la Grande côte opérations (Gco) dans notre localité, il n’y a pas de retombée de l’activité minière sur notre territoire. Nous sommes laissés à nous-mêmes», déplore Cheikh Ahmed Tidiane Sall.
Aussi, les populations n’ont pas manqué de dénoncer la prolifération d’entrepôts clandestins de carburant dans leur localité. «Heureusement que l’explosion de l’entrepôt au contact du feu n’a pas endommagé le fil électrique, autrement ce serait encore pire», explique M. Sall. Et de demander : «Les autorités doivent prendre en charge cette question-là parce que les citoyens ne doivent pas continuer à mourir comme des mouches. Parce qu’il y a deux autres entrepôts clandestins de la même capacité au niveau de Ndiob et de la station agricole. Les autorités doivent donc prendre leur responsabilité par rapport à ces entrepôts.» Mamadou Ngom Seck lui, a surtout dénoncé «le manque d’assistance des victimes». «Pour leur évacuation, les soldats du feu de la brigade de Tivaouane ne se sont présentés sur les lieux qu’une heure après le drame pour ensuite faire un trajet de 24 km entre Mboro et Tivaouane. Ce qui fait que pour recevoir les premiers soins, les victimes ont accusé un retard de presque deux heures de temps dans leur prise en charge», insiste M. Sall. Pour dire, selon cet habitant de Mboro, «les victimes dont une femme et son enfant âgé à peine d’un an n’ont pas eu d’assistance correcte, c’est pourquoi leur cas s’est aggravé». S’inclinant devant leur mémoire, les populations demandent l’ouverture d’une enquête pour situer les responsabilités. Egalement pour que toute la lumière soit faite sur ce drame : «Il faut que justice soit rendue à ces victimes. Que les autorités prennent leur responsabilité par rapport à ce qui s’est passé ici pour sanctionner les responsables.»
nfniang@lequotidien.sn

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