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L’exposition Awa, portant sur la première revue féminine sénégalaise, a été inaugurée vendredi dernier au Musée Henriette Bathily. Elle retrace l’histoire de cette revue datant de 1964 à 1973.

Une exposition a été ouverte au Musée de la femme pour réveiller la mémoire du magazine Awa qui a existé de 1964 à 1973 au Sénégal. Une décennie durant laquelle Awa s’est évertuée à être une vitrine du combat de la femme au Sénégal et par delà dans toute l’Afrique Francophone. Créée en 1964 par Annette Mbaye D’Erneville, Awa est la première revue féminine au Sénégal. Des extraits, des couvertures du magazine, des réflexions faites sur le magazine même et des documentaires retracent l’histoire et le combat de ces femmes pionnières. Révélées au grand jour, les grandes plumes d’Awa dressent des portraits de femmes dans les rubriques consacrant la beauté, les tendances, la mode, les coiffures des années postindépendance. Dans cette expo, le public constate que les colonnes d’Awa servaient surtout à montrer l’engagement de la femme africaine dans le champ politique. Le discours d’engagement politique présent à plusieurs échelles de l’intérêt de la femme pour la promotion des droits de la femme en Afrique, ou encore pour la décolonisation et la construction de la Nation… Les titres barrant la «Une» d’Awa mettent en exergue le rôle et la place de la femme dans la lutte pour la libération. Tout autant, ils renseignent sur ce qu’a été le rôle et place de la femme dans la presse.
Pour Delphine Calmette, commissaire de l’expo, Awa a été pionnière aussi bien dans son contenu que dans sa forme. Surprise et fascinée devant l’impression soignée, l’ergonomie de lecture, l’usage de la typographie, la mise en page originale et le contenu d’Awa, elle note : «Entre les pages mode et les portraits de Baïdy Sow, une grande richesse de formats littéraire et journalistique se dégage. Le magazine Awa est surtout marqué par cette liberté de ton, ses thèmes touchant l’émancipation, le développement ; les violences faites aux femmes y sont développés…»
A côté de l’histoire du magazine Awa, cette expo exhibe aussi celle de sa fondatrice : Annette Mbaye D’Erneville qui, malgré son absence, a fait lire une lettre dans laquelle elle remercie la Britannique Ruth Bush et la Française Claire Ducourneau qui, dit-elle, grâce à leur action, «ont ravivé des souvenirs et redonné une seconde vie à cette revue».
L’expo va se poursuivre jusqu’en janvier 2018, et désormais tous ceux qui le souhaite pourront consulter des numéros de Awa sur www.awamagasine.org. «La numérisation de tous les numéros de la revue entre 1964 et 1973 à été faite», informe-t-on.
aly@lequotidien.sn

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