PARTAGER

Le plasticien Kalidou Kassé, encore connu sous le nom de Pinceau du Sahel, a inauguré hier au siège social de Total Sénégal son exposition intitulée «Delussi» ou «Retour». Celle-ci qui s’inscrit dans le «off» de la Biennale de l’art africain contemporain 2018 reprend les thèmes d’une autre expo qu’il avait réalisée en 2006 pour sensibiliser les jeunes sur le chemin de l’émigration. Mais aujourd’hui, en plus d’une sensibilisation, c’est surtout un appel au retour aux sources que cet artiste fait à l’endroit de cette même jeunesse.

Le peintre Kalidou Kassé a choisi de porter à l’appréciation du public une vingtaine de ses œuvres à travers l’expo qu’il a inaugurée hier, et titrée Delussi. La plupart des œuvres, rescapées d’une première exposition qui s’est déroulée en 2006 sur les berges du fleuve Sénégal à Podor, à l’occasion du festival Blues du fleuve, sensibilisent les jeunes sur le fléau qu’est l’émigration clandestine. Usant de tapisserie, de l’acrylique sur toile ou de l’acrylique sur panneau, l’artiste sensibilise et livre sur un ton franc son discours. «Si on ne freine pas cette émigration clandestine, si on ne conscientise pas, l’Afrique ne pourra jamais se développer», dit-il d’un ton ferme.
Mais pour le Pinceau du sahel, loin d’être «une pâle copie» de l’expo de Podor, Delussi est plutôt et surtout un moyen de promouvoir les valeurs africaines et de rappeler aux jeunes qu’il est important de retourner aux sources. Et ce retour, insiste-t-il, n’est pas seulement matériel, c’est également un retour aux valeurs, les valeurs cardinales qui fondent la société sénégalaise, et par extension africaine. Comme le suggèrent l’intitulé de l’exposition lui-même, Delussi, ainsi que le titre de certaines œuvres : Nianou Wadiour, Jokkere endam, Partage des savoirs, Nene Gale, Jokko, Diama Gueune Ay, Domou Nieup…
Les personnages longilignes (sahéliens), les couleurs chaudes, l’astre du jour, présents dans la quasi-totalité des œuvres, révèlent combien l’artiste est attaché à cet univers qu’est le Sahel. Son univers, ses sources, l’école de Dakar et, comme diraient certains, son royaume d’enfance reviennent pour forger, forcer l’harmonie. Harmonie de couleurs, de sens et de bon sens… Loin des préoccupations d’ordre esthétique européen, Kalidou revendique son africanité dans son art. Et porte donc au cœur de ce discours sur l’émigration, la réappropriation des valeurs, celui sur lui-même, sur son Peuple, son univers. Mais enfin, une note d’espoir est permise, La main de l’espoir. Et dans ce sahel La vie reprend le dessus.
aly@lequotidien.sn

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here