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Sculptures de Moussa Traoré.

Autour de la peinture, de la sculpture et de la photographie, treize artistes de trois nationalités, sénégalaise, togolaise et française, se rencontrent au sein de l’exposition «Ponc­tua­tion». Le vernissage a eu lieu il y a quelques jours au cœur de la cam­pagne présidentielle.

Ponctuation, l’exposition qui s’est tenue à Ouakam il y a quelques jours, a voulu suspendre le temps de la campagne présidentielle à travers trois médiums, la peinture, la sculpture et la photographie. «Ponc­tua­tion est une occasion de se dire qu’on n’allait pas laisser le temps politique, ce mois de février voire mars, nous occuper que sur le plan politique. Parce que d’habitude, la saison culturelle au Sénégal débute dès octobre, novembre et finit très souvent, en ce qui concerne les arts visuelles, vers mai et juin», éclaircit Wagane Guèye, commissaire de l’expo. «Je m’étais dit que je n’allais pas laisser ce mois passer même si le temps politique va être très lourd, très violent et va occuper les gens. Il fallait présenter quelque chose et j’ai présenté des artistes avec qui j’ai l’habitude de travailler. Certains étaient présents ici lors de la Biennale, la première exposition qu’on avait faite sur les lieux. La sélection est partie avec ce noyau d’artistes comme Jean Marie Bruce, Diénaba Baldé, Aïcha Aïdara, Ibou Diokhané et de nouveaux artistes avec qui je travail, Baptistes Gerbier, Jimmy Sohm, entre autres invités, Eza et Da Costa, des Togolais qui résident au Séné­gal», poursuit le commissaire.
Un tour de l’exposition donne des idées, pousse à l’imagination, à la rêverie. Des photographies en noir et blanc de Jimmy Sohm, des visages tantôt expressifs, tantôt pensifs notamment, aux photographies en couleur de Lamine Diémé, retraçant le quotidien de Sénégalais en bordure de mer, sont accrochées sur le mur de l’arrière-cour de la maison qui fait office de galerie d’exposition, entre bancs, tables de cocktail et statuettes en fer de pélican en bas des deux marches d’escalier. Le mur de clôture constitue Les chemins du fil de Aïcha Aïdara, des tableaux mixtes sur toile. Un peu plus loin, Les masques, patchwork et autre Rupestres de Ibrahima Diokhané dévoilent les mouvements acryliques sur toile. Le mouvement se poursuit avec Les déplacés, mixtes sur papier kraft marouflé sur toile de Alioune Guèye Eldji. On passe une petite porte pour recouvrer la grande cour où sont plantés des statuettes en fer, en bois grand format et un petit groupe de slameurs qui font le show et déclament.
Chaque artiste utilise sa démarche. Il y a ceux qui utilisent des techniques mixtes, mélange de peinture et d’autres éléments, «du collage et beaucoup d’ajouts». «Il y a même un artiste togolais dont les toiles sont des œuvres sculptées. C’est comme de la sculpture sur bois, mais avec beaucoup de matières de papier mâchés sur du support bois tout intégré, mixte», renseigne M. Guèye.
Ensuite la photographie, un médium qui est très en vogue au Sénégal avec beaucoup de jeunes photographes des collectifs et autres. Sur cette expo, il y a Jimmy Sohm et Lamine Diémé. Il y a des sculpteurs comme Jean Marie Bruce, Moussa Traoré et Eldji qui travaillent la peinture, mais aussi les volumes avec des oiseaux en fer qui sont présentés sur la thématique de la pollution plastique.
Selon Wagane Guèye, l’esprit de l’exposition «c’est une ponctuation, s’accorder un moment hors temps politique et faire ce que nous faisons tout le temps, c’est-à-dire produire des événements culturels, de la programmation culturelle. Ne pas se dire : on est en période électorale et ne rien faire, éviter de tomber dans ce piège, c’est un challenge», conclut le médiateur culturel.
Stagiaire

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