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Dans le bras de fer qui les oppose aux autorités depuis quelques semaines, les populations riveraines de l’Ussein ont franchi un pas hier en se rendant sur le chantier pour obliger les ouvriers à arrêter le travail.

Les populations riveraines du site de Fatick de l’Université du Sine Saloum El Hadj Ibrahima Niass (Ussein) ont mis à exécution leur menace de bloquer les travaux de construction si leurs revendications ne sont pas satisfaites. En effet hier, sous la conduite de leur président Babacar Diouf, les membres du Collectif des impactés par le projet de construction de l’Ussein se sont rendus sur le chantier et ont intimé aux ouvriers trouvés sur place l’ordre d’arrêter immédiatement les travaux. Ce que ces derniers ont accepté de faire sans broncher, craignant certainement d’avoir des problèmes avec leurs parents puisque certains d’entre eux habitent la localité.
Revenant sur les raisons de l’acte qu’ils venaient de poser 24 heures seulement après que les autorités administratives ont procédé à la remise de quelques chèques à des ayants droit, Babacar Diouf explique : «Nous avons bien choisi ce vendredi pour mieux apprécier ce qui allait être fait par les autorités le jeudi. Depuis le samedi dernier, nous avons assisté à une manipulation extrême de ces autorités qui ont royalement ignoré le Collectif dans toutes leurs négociations. C’est pourquoi nous avons décidé d’arrêter les travaux aujourd’hui, jusqu’à ce que les revendications des populations soient prises en compte, parce que nous estimons que tout ce qui est en train d’être fait est fait contre nous. Or, on ne peut pas vouloir faire quelque chose pour nous, sans nous», a-t-il soutenu sous les applaudissements de ses mandants. Selon Babacar Diouf, leurs revendications n’ont pas varié. Pour l’essentiel, elles demeurent relatives à l’identification du site de recasement et à la hausse des indemnisations dont les montants sont jugés dérisoires. C’est la raison pour laquelle, indique-t-il, les populations ont refusé de prendre les chèques qui leur sont proposés. «Les autorités ont tout fait pour inciter les populations à aller prendre leur chèque, mais malheureusement pour elles, il n’y a eu que six personnes sur une centaine qui ont répondu à leur appel. Et cela ne nous engage pas parce que ces gens-là n’ont jamais pris part à nos réunions. Ce sont des propriétaires de jardins. Et ce que revendiquent les propriétaires de maisons ne les concerne pas», a-t-il minimisé. Promettant de déclencher un autre plan d’action dans les jours à venir en vue d’obtenir gain de cause, les populations de Poukham, Pindodiohine, Mbane et de Ngouye se disent prêtes à être les martyrs de l’Ussein.

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