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L’un est battu lors de la Primaire de la Droite et du Centre et l’autre, président de la République, a renoncé à se présenter pour un second mandat. En 2016, la scène politique française n’a pas été faste pour Nicolas Sarkozy et François Hollande.

Il était revenu par la grande porte après sa défaite de 2012 face à François Hollande à la Prési­dentielle française de la même année. Mais Nicolas Sar­kozy ne sera pas le prochain locataire de l’Ely­s­ée. En tout cas, pas en 2017. L’ancien président de la Répu­blique a subi une de ses plus grandes humiliations sur le terrain politique. Lors d’un soir de  novembre, l’ex-président du parti Les Républicains se retrouve troisième au premier tour des Pri­maires de la Droite et du Centre. Il ne récolte que 20,7% des voix, loin derrière son ancien Premier ministre, François Fillon, qui est à 44,1% et son ancien ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, à 28,4%. Même si les sondages le donnaient second juste derrière Juppé, Sarkozy pensait titiller cette hiérarchie et s’adjuger le choix des électeurs de la Droite.
Fillon, bourreau de Sarkozy
Cependant, ses positions contre les femmes voilées et son hostilité à l’accueil massif de migrants ont eu raison de lui. Pris de haut par cet échec monumental, l’ancien ministre de l’Intérieur sous Chirac annonce son retrait de la vie politique tout en appelant à voter Fillon. Ce dernier ne fera qu’une bouchée de Alain Juppé en second tour de la Primaire avec près de 68% des voix. Surfant sur la vague de  la surprise qui a impulsé le Brexit en Grande Bretagne et l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis. François Fillon, candidat ultralibéral, qui a manifesté une certaine sympathie au Président russe Vladimir Poutine, fait figure d’un des grands favoris à la succession de son homonyme de la Gauche. Justement, l’ancien adversaire victorieux en 2012 de Sarkozy, lui, n’a pas connu une année 2016 faste. En plus des multiples attentats enregistrés sous son règne, François Hol­lande doit faire face à une impopularité grandissante de jour en jour. Pour ne rien arranger, le président de la Répu­bl­i­que se confie à des journaliste de Le Monde dans un livre intiUn Président ne devrait pas dire ça… Il provoque une énorme déflagration politique y compris dans la majorité, menaçant de torpiller son hypothétique campagne pour l’élection présidentielle de 2017. Il s’est notamment excusé de ses propos contre «l’institution de lâcheté» que serait la justice. Une sortie qui va outrer les magistrats.

Hollande renonce à se présenter en 2017, Valls candidat à la Primaire  
Autour de la Primaire à Droite, les candidats l’accusent de diminuer «la fonction présidentielle». Avec le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, qu’il juge ne pas être en mesure d’assumer un rôle de Premier ministre, la cassure est actée. Le député encourage clairement le Premier ministre, Manuel Valls, à défier le Président sortant lors de la Primaire de la Gauche. Lâché par Valls qui démissionne, car préoccupé par sa candidature à la Primaire, Hollande nomme l’un de ses plus fidèles et ministre de l’Intérieur, Bernard Caze­neuve, à Matignon. Loin de faire l’unanimité dans son camp et rejeté par une bonne partie des électeurs français, François Hollande renonce à se présenter à sa propre succession. L’an­non­ce faite le 1er décembre ne surprend pas beaucoup de monde. Pourtant, c’est une première de­puis l’instauration de la Vème République qu’un Président sortant ne défende pas son bilan au terme de son premier mandat.
Divisée, la Gauche française cherche un candidat crédible et capable de faire face à un redoutable François Fillon et à la montée en puissance de l’Extrême droite de Marine Le Pen. Après avoir rendu sa démission de Premier  ministre, Manuel Valls semble être le favori de la Primaire socialiste face à six autres candidats. Toutefois, l’ancien maire d’Evry devra se départir de cette étiquette de symbole des années Hollande. Déjà, l’ancien ministre de l’Economie sous Hollande, Emmanuel Macron, a annoncé sa candidature pour mai 2017 au même titre que Jean Luc Mélenchon.
bgdiop@lequotidien.sn     

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