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Deux ans de prison ferme, c’est la peine requise contre le sieur Karim Diabaté. Ce père adoptif de la victime âgée de 16 ans a été jugé hier pour viol.

Le prévenu Karim Diabaté pourrait garder prison, si le Tribunal suit les conseils du Parquet. Poursuivi pour «viol» sur sa fille adoptive âgée de 16 ans, il risque 2 ans de prison ferme. Seulement, le mis en cause conteste avec véhémence les faits. «Je ne l’ai pas doigtée je le jure», dit-il pour clamer son innocence. Pourtant, il avait reconnu à l’enquête avoir enlevé une éponge dans les parties intimes de la fille avant de se rétracter devant la barre. Mais d’après le père biologique de la victime, le prévenu a avoué avoir tâté le sexe de sa fille pour voir si elle indisposait à trois reprises. Pour le père toujours, il ne s’est pas limité à cette vérification, mais qu’il a aussi introduit son doigt dans le sexe de sa fille pour, dit-il, voir si elle était toujours vierge.
Les faits, qui se sont produits à Keur Massar, n’allaient pas être dévoilés, n’eut été l’homonyme de la victime. En fait, c’est Fify Sakho qui a confié à la mère de son homonyme que sa fille est victime d’un viol. «Son homonyme m’a demandé si je savais qu’elle a été violée. Je lui ai dit : ‘’Non.’’. Elle m’a dit que ma fille lui a confié que mon mari a abusé d’elle», a expliqué Maïmouna qui a exprimé toute son amertume et son chagrin quand cette information a été portée à sa connaissance. «Au début cela ne m’a pas fait mal, c’est après que ça m’a beaucoup touchée. J’ai dit alors au commandant que j’étais obligée de divorcer, parce que je ne supportais plus le fait qu’il (son mari) couche avec moi et avec ma fille», soutient la maman de la victime.
Mais à en croire la dame, leur foyer est loin d’être un fleuve tranquille. «J’ai dit au commandant que j’ai un problème avec mon mari qui ne cesse de me battre», souligne cette mère qui, aujourd’hui, n’accorde plus de crédit aux accusations de sa fille contre son mari. «Mais, aujourd’hui, je ne peux pas croire aux dires de ma fille concernant son viol dont mon époux serait l’auteur», fait remarquer la mère de la victime supposée. «Est-ce qu’elle ne cherche pas à préserver son mariage ?», se sont interrogées certaines personnes dans la salle. En tout cas, le père biologique de la victime, qui n’attend qu’une application de la loi, n’a pas réclamé de dommages et intérêts.
Selon le procureur, il n’y a pas de doute sur les faits. «Il est avéré que la pénétration a eu lieu par le doigt. Et c’est une mineure de 16 ans.» Devant les gendarmes, le père biologique de la victime, la mère de cette dernière et la victime elle-même, le mis en cause a avoué son acte. «Le viol est établi, parce qu’il l’a doigté et le certificat médical atteste d’une déchirure hyménale ancienne», dit le représentant du Parquet avant de requérir 2 ans de prison ferme à l’encontre de Karim Diabaté.
Le conseil de la défense n’est pas de cet avis. «On ne sait pas la date à laquelle le certificat médical a été fait», a affirmé Me Barro selon qui ledit document ne porte pas le cachet de la structure. Son épouse, poursuit la robe noire, a confirmé que sa fille a l’habitude de sortir à des heures tardives de la nuit. Estimant qu’il y a un problème d’imputabilité, il a plaidé la relaxe de son client à titre principal et l’application bienveillante de la loi à titre subsidiaire. Car d’après lui, la famille s’est réunie pour régler ce problème avant l’audience. Le délibéré est fixé au 3 juillet.
justin@lequotidien.sn

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