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Pour assouvir sa libido sur une technicienne de surface du ministère de l’Intérieur, le prévenu, Baye Sidy Diop, n’a pas manqué de créativité. En se faisant passer pour un policier, il a réussi à la conduire dans un immeuble où, après l’avoir violée, lui a pris ses téléphones portables et son argent. Jugé hier pour viol, vol avec violence et usurpation de fonction, il risque 2 ans ferme. La décision sera rendue le 9 juin prochain.

La date du 27 avril restera à jamais gravée dans la mémoire de Ngoné Ndaw.  Cette  technicienne de surface au ministère de l’Intérieur  garde un mauvais souvenir de ce jour. Après sa descente du travail, l’estomac creux, elle est allée dans un restaurant pour se mettre quelque chose sous la dent en attendant d’aller à un rendez-vous. Mal­heu­reusement, elle n’aura pas le temps de digérer le plat qu’elle venait de déguster. A peine sortie du restaurant, Ngoné Ndaw a été  interpellée par un homme qui s’est présenté à elle comme un policier.
Dans sa relation des faits hier à la barre, elle a déclaré que Baye Sidy Diop lui aurait dit qu’un meurtre a été commis sur l’Avenue Blaise Diagne et que la police procède à l’interpellation de toutes les personnes qui empruntent cette voie. C’est ainsi, poursuit-elle, que le faux policier lui a demandé de le suivre dans leur local. Ainsi,  Baye Sidy Diop l’a conduite au 3ème étage d’un immeuble. Sur les dernières marches des escaliers, l’homme en question a sorti un couteau pour lui intimer l’ordre d’entretenir des relations sexuelles avec lui. Ayant pris peur, elle a accédé à sa demande. Et après avoir assouvi sa libido, le bourreau est parti en emportant ses deux téléphones et la somme de 70 mille francs Cfa. Mais, comme un crime n’est jamais parfait, le malfaiteur a vendu le portable à un certain Modou Samb qui se trouve être son ami. Ce dernier, après avoir jeté la puce de la plaignante, a mis la sienne. Mais, suite à la plainte de la partie civile, la police a fait une réquisition au niveau de la Sonatel. C’est ainsi qu’elle a interpellé le sieur Samb qui a soutenu que c’est Baye Sidy Diop qui lui a vendu le portable.
Interpellé, le mis en cause a reconnu avoir vendu le portable à Modou Samb au prix de 5 000 francs. Cependant, Baye Sidy Diop précise que c’est au marché Colobane qu’il l’a acquis auprès d’un commerçant dont il ignore l’identité.  Des allégations qui n’ont pas convaincu  les limiers. Arrêté, Baye Sidy Diop a été déféré et placé sous mandat de dépôt.
Hier,  il comparaissait pour viol, vol avec violence et usurpation de fonction. Des accusations qu’il a bottées en touche. Il a nié être l’auteur des faits en soutenant n’avoir pas mis les pieds ce jour dans l’Avenue Blaise Diagne. Le Parquet est aussi resté dubitatif sur le viol. D’après le représentant du ministère public, aucun élément ne peut établir cette infraction.  La dame, remarque-t-il, n’a pas présenté de certificat médical pouvant attester le viol. Il a requis la relaxe de ce chef.
Par contre, il estime que les faits de vol et d’usurpation de fonction sont établis à l’endroit du prévenu malgré ses dénégations. Ainsi, il a requis pour le vol, la peine de 2 ans ferme, et 6 mois pour l’usurpation de fonction en sollicitant le cumul des peines.
Mais, la défense a ramé à contre-courant en plaidant la relaxe de tous les chefs. Selon les avocats du prévenu, leur client ne saurait être l’autre du viol encore moins  du vol et de l’usurpation de fonction. Le fait qu’il soit le vendeur du portable ne suffit pas pour asseoir la thèse de sa culpabilité parce qu’il a acquis le portable au marché noir. Le jugement sera rendu le 9 juin prochain.
justin@lequotidien.sn

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