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Pour protéger les enfants victimes d’agressions sexuelles sur internet et ceux dont leurs droits sont bafoués, la Cde a tenu la semaine dernière un atelier de partage en vue d’évaluer les acquis et voir les défis à relever. Selon elle, en collaboration avec la société civile, plus de 59% des enfants dans le monde se connectent à internet.

La question des droits des enfants reste encore une préoccupation majeure dans le pays, même si des efforts ont été faits. Selon Ramatoulaye Ndao Diouf, conseillère spéciale du président de la République et coordonnatrice de la Carg (Cellule d’appui à la protection de l’enfance), «il y a encore beaucoup de défis qui restent à relever». Ceux-ci, d’après elle, ont pour nom violences faites aux enfants, problème des enfants de la rue, problématiques émergentes sur la protection des enfants en ligne. De l’avis de Mme Diouf, c’est un réel problème pour les pays en développement.
A l’en croire, «les enfants sont exposés aux écrans, sans la surveillance des parents qui s’en servent parfois comme échappatoire pour avoir un petit peu de répit. Aujourd’hui, relève-t-elle, «les enfants sont face à des prédateurs sur internet». Ce qui explique la recrudescence des violences sexuelles faites sur les enfants et également tous ces problèmes neurologiques liés à la surexposition aux écrans.
Les enfants ne sont pas exposés seulement à ces problèmes. Ils publient et regardent tout à travers internet. La preuve, avec l’avènement d’Instagram, Facebook, Tik Tok, ajoute Ramatoulaye Ndao Diouf, «ils sont sur ces réseaux sociaux qui leur permettent de pouvoir découvrir et apprendre. Mais le revers de la médaille est que ces instruments sont parfois les plus grands violateurs des droits de l’enfant».
Abondant dans le même sens, Mbaye Diop, directeur des Droits humains, dira qu’il y a aussi d’autres enfants dans la rue en parlant d’internet et des réseaux sociaux. «Il y a d’autres enfants dans d’autres rues. Il y a d’autres formes de talibés. Il y a des enfants qui sont dans les rues d’internet et qui ont des sérignes daaras et des ndongos comme inconnus», dit-il.
Par ailleurs, il suggère de s’occuper de ces enfants afin d’éviter qu’ils soient à la merci des réseaux sociaux.
D’après Mme Diouf, le gouvernement a commencé à travailler sur cette question au niveau de la Cap. «Le Sénégal s’est doté, avec un partenaire anglais, d’un portail de signalement des abus sexuels. Nous travaillons aussi avec les autres ministères sectoriels, comme le ministère de l’Economie numérique, à avoir une stratégie nationale de protection des enfants afin d’avoir un internet plus sûr et sécurisé des enfants.»

Plus de 59% des enfants dans le monde sont connectés à internet
Elle invite ainsi les enfants à savoir que tout ce qui est sur internet ne leur appartient pas. «Il y a récemment des images d’enfants abusés qui ont été publiées sur internet. Ces images qui restent à jamais sur internet peuvent porter à jamais des graves conséquences sur le développement des enfants», prévient-elle.
A son avis, il est important d’avoir toutes ces sensibilisations au niveau des couches communautaires et des parents et «faire de sorte qu’on éveille les consciences des enfants». Salimata Ndao Diouf pense aussi qu’il faut aider ces enfants à avoir un autre rapport avec les tablettes et ordinateurs pour le développement de leur conscience. Aujourd’hui, constate la conseillère spéciale du président de la République, «plus de 59% des personnes qui sont connectées tous les jours sont des enfants. Dans certains pays, c’est plus de 75%. Au Sénégal nous travaillons pour avoir ces données-là. Le manque de données que nous avons au niveau national pose problème», remarque-t-elle, dans l’espoir que «cette question de la protection des enfants va nous permettre de disposer des données fiables et d’avancer».

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