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Adama Mbengue, président de l’Action pour les droits humains et l’amitié (Adha), a décrit, lors de la Journée internationale de la jeunesse, les failles du système éducatif, la violence, les inégalités et les changements environnementaux qui constituent les véritables menaces pesant sur la jeunesse sénégalaise.

La Journée internationale de la jeunesse, organisée le 12 août de chaque année, permet d’attirer l’attention de la communauté nationale et internationale sur les défis et les épreuves auxquels la jeunesse est confrontée. Adama Mbengue, président de l’Action pour les droits humains et l’amitié (Adha), explique les opportunités qu’offre cette journée : «Cette journée offre une opportunité à la jeunesse d’une part de rappeler au gouvernement ses engagements nationaux et internationaux pris en matière d’emploi, d’éducation, de santé, de sécurité et de gestion des migrations et d’autre part d’amener la communauté nationale à comprendre les besoins des jeunes, à mettre en place des politiques publiques intégratrices des aspirations des jeunes pour les aider à surmonter les défis qu’ils doivent affronter en tant qu’acteurs et vecteurs véritables du changement et de transformation sociale, dans une dynamique de résilience.»
Aujourd’hui, les jeunes sont confrontés aux problèmes de chômage et de violence. L’image du Sénégal est ternie depuis 2017 par les enlèvements d’enfants, les bavures policières et les nombreux cas de viol. Et les principales victimes sont des jeunes d’«un pays et un Peuple pacifique. Les jeunes sont les premières victimes de ces violences». Donc, l’Adha réinterroge les raisons de cette recrudescence de la violence physique et morale et émet l’hypothèse d’un taux de chômage trop important pour l’expliquer. Cette violence est menée par des jeunes avec une moyenne d’âge de 18 ans qui supportent des charges familiales et sans travail.

Le chômage des jeunes
Le manque de travail, d’activité de nos jeunes les pousse à émigrer. Au Sénégal, 75% d’entre eux prévoient l’émigration dès qu’ils auront l’occasion, selon une enquête du département des Sciences humaines de l’Ifan de l’Université de Dakar. «Les dangers de l’émigration clandestine que nous connaissons ne les effraient pas plus que l’idée d’affronter les réalités locales. Les jeunes meurent noyés dans la Méditerranée à bord d’embarcations de fortune. A cela s’ajoutent de nombreux migrants portés disparus dans le désert libyen et celui d’Agadez qui ont toujours été des lieux de transit pour les voyageurs», affirme M. Mbengue qui rejette la faute sur les dirigeants «qui exploitent les jeunes à leur guise, leur promettent des choses pendant les élections qu’ils ne réaliseront jamais une fois élus. Ils finissent ainsi tous par tourner en rond sans savoir par où passer pour sortir de cette boucle infernale». Adama Mbengue recommande de mettre en place des programmes de réinsertion sociale pour les jeunes incarcérés, basés sur le recyclage, la réhabilitation et la réintégration dans la vie de famille et d’éliminer toutes les pratiques traditionnelles qui portent atteinte à l’intégrité physique et à la dignité de la femme.
Stagiaire

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