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Après les émeutes de ce mardi, la tension est encore palpable à Saint-Louis malgré l’accalmie notée ces dernières 48h. En revanche, 31 manifestants arrêtés lors des échauffourées ont été placés sous mandat de dépôt par le juge d’instruction.

Après la colère des manifestants, l’heure de la justice a sonné. Déférés mercredi, les 31 manifestants arrêtés lors de la violente journée du mardi ont été placés hier sous mandat de dépôt par un juge d’instruction près le Tribunal de grande instance de Saint-Louis. Curieu­sement, seuls 4 pêcheurs, dont un mineur, figurent sur la liste des manifestants écroués hier, selon leur avocat Me Alioune Abatalib Guèye qui a fait face à la presse après l’audition de ses clients. Selon les explications fournies par l’avocat, «tous les autres, parmi lesquels 12 mineurs, sont des tailleurs, receveurs de bus Tata, ambulants, élèves, élèves coraniques, des apprentis de camion frigorifique qui transportent le poisson et même des badauds, bref, des gens qui n’ont rien à voir avec les manifestations». Il rappelle même que les 4 pêcheurs ne sont pas originaires de la Langue de Barbarie. Me Guèye précise : «Aucun manifestant n’a en vérité été appréhendé à Guet-Ndar sur le théâtre des opérations.» En outre, il a également déploré «que trois des manifestants aient été molestés dont un tailleur, un élève et un badaud. Ce qui est aussi regrettable qu’on ait visé une infraction criminelle au lieu du flagrant délit, alors qu’aucune habitation n’a été brûlée en vérité. Cette affaire ne méritait pas d’aller à l’instruction». Sans doute, le juge fait allusion au Centre des archives et de la documentation (Cda) de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (Omvs).
Aujourd’hui, la situation est encore volatile malgré les discussions entamées pour arriver à une désescalade. En attendant, la vieille ville est toujours sous haute surveillance. Même si le légendaire quartier de Guet-Ndar a retrouvé sa tumultueuse vie, il y a encore des voitures de police et de gendarmerie stationnées un peu partout, des éléments des Forces de l’ordre positionnés dans les endroits stratégiques, le pont Moustapha Malick Gaye toujours fermé aux véhicules. C’est le décor de la ville de Saint-Louis, transformée en véritable forteresse depuis la survenue des évènements du mardi, marquée par des violences provoquées par les pêcheurs de la Langue de Barbarie réclamant des licences de pêche. Une situation qui a fini d’installer une tension permanente dans l’île, à Guet-Ndar et environs. L’accal­mie notée ces dernières 48 heures n’a pas en effet empêché les autorités judiciaires de continuer les procédures contre les manifestants arrêtés qui ont passé hier leur première nuit en prison.

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