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L’Université Gaston Berger de Saint-Louis renoue avec la violence. La Coordination Saes de l’Ugb dénonce avec la dernière énergie des «actes de vandalisme» commis par un groupe d’étudiants qui ont versé de l’eau souillée dans le bureau du recteur et proféré des menaces de mort et des injures. Le Saes, qui exige la dissolution de la Coordination des étudiants de Saint-Louis, a décrété 72h de grève pour protester contre ces actes. Il a aussi reçu le soutien du bureau national qui va cesser les cours pendant 2 jours au niveau de tous les campus.

La coordination du Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (Saes) de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis observe une grève de 72h depuis hier. Elle a suspendu toutes les activités pédagogiques et administratives pour s’insurger contre «les actes de vandalisme perpétrés par un groupe d’étudiants». Les syndicalistes exigent la dissolution de la Coordination des étudiants de Saint-Louis (Cesl) et la traduction en conseil de discipline des responsables des actes de «vandalisme» en prenant les sanctions qui s’imposent, mais également l’amélioration des conditions d’existence de tous les acteurs.

Dissolution de la Coordination des étudiants
Ce mercredi, un groupe d’étudiants dirigé par des membres de la Coordination des étudiants de Saint-Louis (Cesl), raconte la coordination Saes de l’Ugb, a fait «irruption dans le bureau du recteur de l’Université de Saint-Louis pour y verser des eaux usées et proférer des menaces de mort et des injures à l’encontre de ce dernier». Et ce n’est pas tout. Dans la matinée de mercredi, dénoncent encore les syndicalistes de la Coordination Saes de l’Ugb, un autre groupe d’étudiants, au motif de vouloir sortir leurs camarades d’une salle de classe, «s’en est pris physiquement à un camarade enseignant», relève-t-elle.
Le Saes, qui constate avec «amertume» et «indignation» «ces actes de vandalisme» perpétrés sur la plus haute autorité de l’Université et sur un des leurs, condamne avec la «dernière énergie cette énième agression». A ce propos, la Coordination Saes exprime son soutien «sans faille» au recteur de l’Ugb et à leur camarade «violenté». Elle alerte, en outre, l’opinion sur ces «actes de vandalisme sans commune mesure» et appelle les autorités à prendre en urgence des mesures «nécessaires» pour assurer la sécurité du recteur et de tous les acteurs de l’Université. Le Saes, qui demande à ses camarades de se mobiliser autour de la question de la sécurité dans l’environnement du campus pédagogique, souligne dans la foulée les efforts que les enseignants sont en train de fournir pour que l’Ugb retrouve sa stabilité.

Ouverture d’une enquête
Depuis des mois, l’Université Gaston Berger est en proie à la violence. En mai de l’année dernière, rappelle le Saes, des bureaux des enseignants et du rectorat avaient été vandalisés avec comme conséquence la perte d’une grande partie des archives de l’Ugb. «Cette même violence sauvage avait coûté à l’Ugb la perte de 30 années d’archives. Aucune autorité n’avait alors fait le déplacement pour s’enquérir de la situation et évaluer les dégâts. Les auteurs identifiés avaient bénéficié d’une impunité totale», regrette le Bureau national (Bn) du Saes, qui a décidé de soutenir les enseignants de l’Ugb victimes «d’une violence inouïe et gratuite». Laquelle ne peut être «absoute par le respect des franchises universitaires qui, malgré leur caractère sacré, ne signifient pas un laisser-aller».
Parallèlement au mot d’ordre du Saes de l’Ugb, le Bureau national a décrété aussi 48h de grève au niveau des différents campus, valables aujourd’hui et demain, et demande «aux autorités de prendre immédiatement toutes les dispositions pour assurer la sécurité des biens et des personnes à l’Ugb et dans toutes les universités». Dans ce sillage, le Saes «exige qu’une enquête soit ouverte et que des sanctions idoines soient prises en toute rigueur contre les auteurs» tout en suggérant «aux collègues d’observer toutes les règles de sécurité et au besoin de rester chez eux jusqu’à ce que la situation soit maîtrisée». Au final, il décline toute responsabilité sur un éventuel bouleversement du calendrier universitaire et prévient qu’il «observera strictement un arrêt des enseignements aux dates échues».
ndieng@lequotidien.sn

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