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Lors de la cérémonie officielle du 130ème pèlerinage marial de Poponguine, l’archevêque de Dakar a regretté les violences politiques dans le champ politique et les universités.

La transformation du terrain politique en champ de bataille n’est pas du goût de l’archevêque de Dakar. Et la cérémonie officielle du pèlerinage  marial de Poponguine hier a permis à Mgr Benjamin Ndiaye de déplorer un tel état de fait. «Comment ne pas se désoler de ce que le terrain politique, au lieu d’être le lieu de croissance positive d’une Na­tion, le terrain de débats opportuns, vrais, pertinents et civilisés, devienne de plus en plus dans notre pays, un champ de bataille, un terrain de lutte effrénée pour des intérêts partisans. Comment ne pas se préoccuper des dangers que l’on fait courir à l’avenir de nos  enfants et de nos jeunes, dans les tribulations incessantes qui affectent aujourd’hui l’école et l’université sénégalaise, à travers des grèves cycliques et des lenteurs administratives», s‘est désolé Mgr Benjamin Ndiaye, tout en invitant à nous mettre en mouvement pour un changement des mentalités et de comportement.
Revenant sur le thème du pèlerinage de cette année, Mgr Ndiaye a interpellé les fidèles : «Pouvons-nous nous faire prévaloir d’une culture sénégalaise bien ancrée dans la religion, lorsque les principes fondamentaux de la protection de la vie, du respect de l’autre et de la promotion du bien commun sont encore bafoués ? Les situations de violence, qu’elles soient physiques ou verbales, ne sont devenues que répétitives pour être des faits isolés. Comment ne pas s’indigner du fait que ces violences soient exercées sur des enfants innocents, à des fins inavouées.»
Mgr Ndiaye invite aussi la jeunesse à participer à la construction de son avenir et d’un monde plus juste. Selon lui, cette jeunesse pourrait y arriver «en optant pour des choix objectifs et pertinents qui, sans entraver (sa) liberté, contribuent  à élever l’homme à sa dimension originelle. Cela impli­que le rejet de la facilité, le dégout pour la corruption et l’abandon des refuges trompeurs tels le gain facile, l’alcoolisme, le tabagisme, la drogue et l’oisiveté».

Aly Ngouille invite la jeunesse à être plus tolérante 
Pour sa part, le ministre de l’Intérieur, chef de la délégation gouvernementale au 130ème pèlerinage marial, a magnifié la célébration de la fête de Pentecôte dont la coïncidence avec le mois béni de ramadan est une occasion de louer le Seigneur pour les merveilles qu’il accomplit pour le Sénégal.
Pour Aly Ngouille Ndiaye, le thème de cette année, «O Marie, aide-nous à dire oui au Seigneur», transcende l’église catholique pour interpeller tout honnête homme.
Le ministre de l’intérieur a aussi salué les propos de Mgr Benjamin Ndiaye, qui «a le souci d’une bonne éducation à inculquer à nos enfants, mais aussi de son ardent désir d’une société plus juste, plus harmonieuse et plus équitable». Mieux, le ministre de l’Intérieur se dit convaincu que les messages de discernement face à l’intolérance, aux extrémismes, au racisme et à la haine qui connaissent un niveau jamais égalé seront assimilés pour préserver le Sénégal.
Par ailleurs, il n’a pas manqué d’évoquer les événements de Saint-Louis au cours desquels un étudiant a finalement perdu la vie. «J‘exhorte toute notre  jeunesse à faire preuve de responsabilité et davantage de tolérance vis-à-vis du devenir socio-économique de notre Nation qui est encore en construction et dont les fruits seront perceptibles à moyen et long termes. Je profite de l’occasion pour exhorter chacun de nous à faire preuve d’une implication citoyenne constructive à l’horizon des prochaines échéances électorales. Nous avons tous raison d’espérer des lendemains meilleurs, car l’avenir nous est ouvert, et il sera pour nous ce que nous en ferons», a conclu le ministre de l’Intérieur.

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