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Le Conseil économique, social et environnemental (Cese) s’est penché hier, lors de sa première session extraordinaire, sur la question de violences faites aux femmes qui continuent d’indigner, mais ne cessent de croître malgré les politiques publiques mises en place pour leur élimination.

«Quelles stratégies pour la prévention des violences faites aux femmes et aux filles au Sénégal, pour la protection et la prise en charge des victimes ?» Lors de sa séance plénière, le Conseil économique, social et environnemental (Cese) a auditionné hier le ministère de la Femme, de la famille, du genre et de la protection de l’enfance sur cette question relative à la violence du genre dont le dernier exemple est le meurtre de Binta Camara, qui avait provoqué une vague d’indignations. Ce n’est qu’un cas isolé si l’on en croit les statistiques sur les violences, viols et meurtres exercés sur les femmes.
Dans la capitale, le taux de prévalence est de 50,2% et plus de 70% dans d’autres parties du pays. L’enquête nationale annuelle sur les activités de justice entre 2017-2018 révèle 603 cas de viol et d’attentat à la pudeur avec violence. Dans la même veine, l’étude du laboratoire genre et sociétés (Gestes) de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis portait à 60% le taux de prévalence des violences à l’égard des femmes dans les ménages sénégalais en 2015. Les textes de loi et les nouvelles orientations de l’Etat pour la prévention et la prise en charge des victimes n’arrivent à corriger cette situation devenue véritablement endémique. Que faire ? «La répression seule ne suffit pas à endiguer le phénomène. Il faudra aussi, outre l’amélioration du système d’assistance aux victimes, porter le combat de la prévention. Il est temps que cette question soit traitée de manière publique pour préserver les filles à l’école (…). Il faut faire le lien avec le développement du pays, plus de la moitié de la population est constituée de femmes…», décline Mme Aminata Touré, présidente du Cese.
En écho, Ndèye Saly Diop Dieng déplore le faible taux de victimes qui osent briser le cycle du silence à cause des pesanteurs socio-culturelles. Elles ne sont que de l’ordre de 24%. Quelle est la solution ? «L’information, la communication sur la question, principalement sur le plan social, la finalisation du processus de synthèse en prévoyance, l’aménagement de centres de suivi, notamment à Dakar, constitueraient des apports à la résolution de la question», suggère le ministre de la Femme. «La gent féminine, constituant 50,4% de la population et jouant des rôles indispensables dans l’épanouissement de la société, a été victime ces trois dernières années de 31 meurtres. Dont, 65% sont faits dans le cadre domestique, la famille, la communauté, les champs et autres lieux de travail», renseigne-t-elle ; d’où l’urgence de régler la question en trouvant de nouvelles stratégies.
Stagiaire

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