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Convoquer l’ambassadeur de l’Afrique du Sud à Dakar et lui remettre une lettre de protestation au nom du Peuple Sénégalais. C’est la demande faite par la plateforme Avenir Senegaal Bi Nu Begg au gouvernement afin de dénoncer les actes xénophobes constatés ces derniers jours en Afrique du Sud.

Les violences dirigées contre des ressortissants africains dans plusieurs villes sud-africaines irritent la plateforme Senegaal Bi Nu Begg. Dans un communiqué, les membres de cette organisation soutiennent que «le sentiment de xénophobie qui s’est développé en Afrique du Sud contre les communautés africaines depuis plusieurs années sans que les autorités de ce pays n’aient pris les mesures appropriées est à dénoncer vigoureusement». La Platefor­me Avenir Senegaal Bi Nu Begg invite ainsi «le gouvernement sénégalais à convoquer, sans délai, l’ambassadeur de l’Afrique du Sud à Dakar pour lui remettre une lettre de protestation officielle au nom du Peuple sénégalais». Dans la même veine, cette plateforme demande à « tous les Etats africains de procéder de la même façon». Quant à l’Union africaine, l’organisation lui demande «de dénoncer cette violence et d’ouvrir rapidement des discussions sur les conditions de séjour et de vie des Africains en Afrique du Sud ». Selon les membres de cette plateforme, «les comportements agressifs et barbares des noirs sud-africains contre leurs frères africains ne peuvent être ni justifiés ni tolérés au moment où toute l’Afrique tente de renforcer son unité, si chère aux pères fondateurs comme aux générations actuelles». Un message est aussi adressé au gouvernement sud-africain. D’après cette organisation, il «doit prendre ses responsabilités, de toute urgence, afin d’éviter que d’autres pays africains ne se croient obligés de réagir contre les intérêts sud-africains». Ce qui, d’après Avenir Senegaal Bi Nu Begg, «donnerait au reste du monde une hideuse image de l’Afrique que tous les panafricanistes convaincus se donnent beaucoup de mal à gommer des consciences des autres peuples».

Ouvrir des discussions sur les conditions de séjour et de vie des Africains dans ce pays
Dans son document, la plateforme Avenir Senegaal Bi Nu Begg «rappelle aux Sud-Africains racistes et xénophobes (…) que les Africains ont consenti d’importants efforts durant les moments sombres de l’Apar­theid». Cela, souligne-t-elle, dans le but de «leur apporter le réconfort et la solidarité qu’ils étaient en droit d’attendre de leurs frères africains». Cheikh Tidiane Dièye et ses camarades en veulent pour preuve «la célèbre phrase écrite au fronton de toutes les salles de classe sénégalaises : ‘’L’Apar­theid est un crime contre l’humanité’’, la façon dont les Sénégalais et d’autres peuples africains ont toujours célébré dans la peine les massacres de Soweto et Sharpville» entre autres.
Avenir Senegaal Bi Nu Begg reconnait que «des millions de noirs sud-africains sont encore maintenus dans l’ignorance et l’obscurantisme, exclus des circuits de production et de distribution de la richesse de ce pays». Mais pour la plateforme, ces malheurs ne sauraient «en aucun cas être imputables aux travailleurs africains établis dans ce pays». D’après cette organisation, ces malheurs sont «plutôt la résultante de la défaillance de leur propre gouvernement, de la corruption de leurs élites politiques». Par ailleurs, Cheikh Tidiane Dièye et ses camarades estiment qu’il est «temps que tous les leaders africains, des hommes politiques aux intellectuels, en passant par les artistes et les acteurs du secteur privé, parlent et agissent pour mettre un terme à ce drame qui pourrait, si on n’y prend garde, conduire à des situations absolument dramatiques pour toute l’Afrique».

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