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Le procès pénal de Harvey Weinstein s’est ouvert ce lundi 6 janvier 2020 à New York. Le producteur d’Hollywood, dont les agissements ont provoqué le mouvement «#MeToo», est poursuivi pour viols et agressions sexuelles par deux plaignantes. A ce jour, plus de 80 femmes ont témoigné avoir été victimes des agissements de Harvey Weinstein. Mais la plupart des faits sont prescrits.

Les faits graves reprochés au producteur s’étalent sur plusieurs décennies. Ils ont été révélés le 5 octobre 2017 par une enquête-choc du New York Times, puis confirmés par une autre, quelques jours plus tard, du magazine New Yorker. Et ont déclenché un mouvement d’une ampleur inédite : #MeToo. Lorsqu’elle rédige sur Twitter, quelques jours après la parution de l’enquête du New York Times, un message appelant les victimes d’agressions sexuelles à témoigner sous le hashtag #MeeToo, l’actrice Alyssa Milano ne se doute pas qu’elle va déclencher un phénomène d’ampleur mondiale. Elle est d’abord suivie par des stars d’Hollywood comme Gwyneth Paltrow, victime de Harvey Weinstein, et rapidement le mouvement s’emballe : la vague va très vite dépasser le milieu du cinéma et les frontières américaines. Dans le sillage des célébrités de la côte ouest-américaine, des millions de femmes du monde entier révèlent avoir été victimes d’agressions sexuelles. La loi du silence semble enfin fissurée, on parle désormais aux Etats-Unis de «l’effet Weinstein» pour qualifier les dénonciations d’hommes puissants qui, jusqu’à l’automne 2017, bénéficiaient d’une quasi totale impunité. De nombreux hommes jusqu’ici intouchables sont tombés de leur piédestal dans le milieu du cinéma et au-delà. (…)
La libération de la parole des femmes a conduit à des sanctions immédiates, tout d’abord à Hollywood. Des acteurs comme Kevin Spacey ou Ben Afflek ont vu leur carrière affectée. Dans ce sillage, tous les milieux ont été touchés. Celui de la presse : des figures prépondérantes du monde de la télévision américaine ont été licenciées. Celui de la politique : le sénateur démocrate Al Franken a notamment été contraint de démissionner. Mais aussi celui de l’industrie de la musique, des sciences, de l’enseignement, ou encore de la gastronomie avec de grands chefs cuisiniers eux aussi accusés d’agressions sexuelles.

Beaucoup reste à faire
A Hollywood, mettre en cause des producteurs ou des personnes haut placées reste risqué pour la carrière des jeunes actrices. Et de nombreuses affaires restent inconnues du grand public du fait des clauses de confidentialité imposées par les accords financiers conclus entre victimes et agresseurs. Comme celui que Harvey Weinstein vient de conclure avec certaines accusatrices pour mettre fin à des poursuites civiles. Certains ont par ailleurs échappé à la vague #MeeToo, et en premier lieu le Président américain. Donald Trump est accusé d’agressions sexuelles par 25 femmes. Il a aussi payé une actrice de films pornos pour qu’elle se taise sur leur relation supposée, et son comportement est l’objet de suspicions. Le Président a toujours démenti avoir agressé quiconque, et n’a pas été affecté sur le plan politique par cette série de scandales. Les évangéliques, pourtant très à cheval sur ces sujets, lui restent massivement fidèles. M. Trump a même réussi à imposer à la Cour suprême un juge lui aussi accusé d’agressions sexuelles : Brett Kavanaugh. Malgré de nombreuses manifestations et le témoignage très fort de son accusatrice devant le Congrès, ce dernier a été confirmé au sein de la plus haute instance judiciaire du pays.
Rfi

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