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Dans cette contrée du pays située dans le Koumpentoum dans la région de Tambacounda, outre l’éloignement qui y est un réel facteur bloquant, les populations sont fatiguées et manquent de presque tout. La jeunesse locale a saisi la venue de son ministre de tutelle pour exposer quelques doléances dont leur solution, martèle le président du Conseil communal de la jeunesse, contribuerait grandement à l’épanouissement de celle-ci.

Cette localité du département de Koumpentoum vit des conditions moyenâgeuses. Les populations comme la localité de Kahène manquent de beaucoup de choses. Exceptée la culture de l’arachide qui permet aux habitants de joindre tant soit peu les deux bouts, il n’y a plus rien ou presque. Cette grande communauté de cultivateurs est fatiguée et oubliée. Nichée aux fin fond du département de Koumpentoum, à quelques encablures de la frontière gambienne, il urge de venir en aide à cette population composée en majorité de paysans. La visite qu’y a effectué le ministre de la Jeunesse a permis de se rendre compte des difficiles conditions de vie des populations qui, malgré tout, ne baissent pas les bras.
Les jeunes eux, manquent de beaucoup de choses qui bloquent leur épanouissement. Ils sont oubliés et entièrement mis à l’écart. Le président du Conseil communal de la jeunesse, qui a pris la parole lors de la cérémonie à laquelle a pris part le ministre, n’a pas tari de mots pour exhorter la tutelle à réagir et corriger la situation.
Selon Déthié Diouf, très en verve, ses pairs n’ont pas de terrain de sport digne de nom dans la localité. «Nous voulons un stade municipal pour permettre aux nombreux talents de la commune d’éclore», a martelé le jeune. Poursuivant, il a aussi évoqué les dures conditions d’études des élèves surtout ceux des villages environnants qui parcourent des kilomètres pour rallier le collège. «Nous sollicitons la construction d’un internat qui prendra en charge les élèves de ces villages environnants afin qu’ils puissent mieux suivre les enseignements. Cette situation a fait que beaucoup de potaches abandonnent prématurément les études», se désole le jeune Diouf. «Etant aussi dépourvu de structures qui offrent des possibilités d’emplois aux jeunes, nous exigeons la construction d’une ferme agricole dans la commune», insiste le patron des jeunes de Kahène, non sans demander la construction d’une salle informatique pour les jeunes, surtout les élèves.
En ce 21ème siècle, ne pas savoir manipuler l’outil informatique est inimaginable, fulmine Déthié Diouf qui demandera avec insistance à ce qu’il soit construit une salle informatique dans la commune. Toujours dans sa plaidoirie, le premier des jeunes de Kahène a demandé à ce qu’il soit pensé des canaux pour la réinsertion des jeunes de la contrée dépourvus de tout et perpétuellement en quête de salut. «C’est seulement si toutes ces préoccupations sont prises en compte que l’on pourra définitivement mettre un terme à l’émigration clandestine», soutient Déthié Diouf.
L’avocate des femmes n’a pas elle aussi raté l’occasion de faire face aux journalistes. Pour Oumou Awa Diallo, les femmes de la commune sont fatiguées. «Rien que moudre le mil est une corvée pour les femmes. Nous voulons des matériels d’allégement des travaux des femmes car nous sommes éreintées», soutient-elle. «L’absence d’électricité dans la localité est un autre problème. Ce qui fait que beaucoup d’activités génératrices de revenus ne peuvent pas être développées par les femmes pourtant très braves et très engagées», signifie Mme Diallo.
afall@lequotidien.sn

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