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Le ministre de la Culture et de la communication, Abdoulaye Diop, a invité, hier, les ambassadeurs en poste au Sénégal pour une visite découverte aux Manufactures sénégalaises des arts décoratifs (Msad) de Thiès.

Les manufactures sénégalaises des arts décoratifs (Msad) de Thiès déroulent le tapis rouge au corps diplomatique à la veille de son 53e anniversaire. Les diplomates ambassadeurs en poste au Sénégal ont assisté à la levée du tapis Symbiose de Pape Mayé Ngom dans l’atelier basse lice 1. Une tapisserie de 4 mètres carrés dont le processus de tissage a démarré le 22 juillet. En effet, c’est sur invitation du ministre de la Culture et de la communication, Abdoulaye Diop, que ces membres du corps diplomatique ont effectué une visite découverte aux Msad. «En invitant des diplomates en poste au Sénégal, j’ai voulu magnifier la qualité des relations qui unissent nos différents pays mais aussi, perpétuer cette tradition de visites officielles pour faire découvrir aux hôtes de marque que vous êtes, le circuit de fabrication des produits. Nous ferons de vous les ambassadeurs des manufactures de Thiès», a dit le ministre Abdoulaye Diop, après avoir fait le tour avec les ambassadeurs, du processus de fabrication des tapisseries dans les différents ateliers de tissage, de céramique et de batik. Devant la délégation, le ministre a rappelé que les Msad ont été créées un 4 décembre 1966 en tant que Manu­facture nationale des tapisseries (Mnt) par le Président Léopold Sédar Senghor, au lendemain du Festival international des arts nègres. «Le Président-poète en avait fait un instrument diplomatique, en offrant ses tableaux à des hôtes de marque. Les Présidents François Miterrand, Felix Houphouët Boigny, Fran­çois Tombalbaye, Mobutu Sese Seko et l’actuel empereur du Japon alors prince héritier, Hiro Hito, ont été invités à découvrir le processus de fabrication des œuvres d’art majeur.» Ainsi, dit-il, «la structure avait acquis au bout de 10 ans, une notoriété dans les hautes sphères du monde, grâce à ses belles tapisseries qui décorent de grandes institutions nationales et internationales, les Palais royaux et présidentiels et autres édifices prestigieux à travers le monde». Le ministre cite : «La tapisserie Les nuits de Thierno de Ibou Diouf est accrochée à la salle des Banquets du palais de la République, Le Grand Magal de Papa Ibra Tall, la plus grande œuvre réalisée par les Msad, sur 24 mètres carrés, orne le siège des Nations unies. Belle, jalouse et coléreuse de Jacob Yacouba décore le hall de l’aéroport d’Atlanta.» C’est là, dit-il, toute la pertinence de la décision prise par les autorités en 1973, pour renforcer les acquis des Mnt par le vote de la loi N° 73-61 du 19 décembre 1973, portant création des Msad, un établissement public, à caractère industriel et commercial. Mais, note-t-il, «malgré la notoriété de ses œuvres d’art majeures, force est de relever que les Msad ont vécu des moments difficiles qui ont fait dire à feu l’écrivain Mbaye Gana Kébé, alors Pca des Msad, que ‘’la fleur de Senghor s’est fanée’’ ».

Relance des Msad
C’est à ce titre, dit-il, que «depuis 2011, des efforts significatifs ont été faits pour le maintien de l’entreprise à travers un programme de relance avec comme résultat, le renouvellement des effectifs avec la formation de deux promotions entre 2011-2017, mais aussi grâce à une politique de diversification des produits à travers la céramique, le batik, les tapis de sol et de prières». Et ceci, sans compter, poursuit le ministre Abdoulaye Diop, «la directive présidentielle ‘’Un service, une tapisserie’’ qui encourageait les services à passer une commande auprès de cette entreprise». Il plaide ainsi pour que «ces initiatives» soient «soutenues pour permettre aux Msad d’écouler leurs produits mais aussi de mieux asseoir une promotion vers le réseau international de vente d’œuvres d’art». L’ambassadrice de la Namibie au Sénégal, Trudie Amulungu, qui a prononcé un discours au nom de ses pairs, s’est félicitée de «cette découverte» qui, selon elle, «pourrait contribuer à renforcer la coopération entre le Sénégal et leurs différents pays dans le domaine de la culture». Et de promettre : «Nous reviendrons certainement.»
Au cours de la cérémonie, les ambassadeurs ont fait tour à tour une performance artistique, pour rendre hommage à feu Bruno Diatta, un diplomate et ancien chef du protocole de la présidence de la République du Sénégal, en présence de sa veuve Thérèse Turpin Diatta.

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