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Vittorio et Nico Malingri sont des skippeurs qui répondent à l’appel du large. Formant un binôme père et fils, ces deux hommes ont la voile dans le sang, au-delà des liens de sang qui les unissent. C’est par la mer qu’ils ont rallié depuis dix jours, la capitale sénégalaise. Trouvé au Cercle de la voile de Dakar où se trouve leur voilier dénommé «Feel Good», ces deux membres d’équipage attendent le moment propice pour se lancer en mer à destination de la Guadeloupe. «Nous espérons que le 5 avril prochain le vent sera bien rétabli pour se jeter en mer sur le parcours Afrique-Caraïbe. C’est ce qu’on appelle fenêtre-météo. Un bateau à voilier a besoin du vent pour avancer», ont-ils confié. Faisant de la voile extrême leur sport favori, Vittorio, ce vieux briscard de 56 ans, et son fils Nico sont guidés par une forte envie de battre le record établi sur ce parcours par le duo français composé de Benoit Lequine et Pierre Yves, qui a mis 11 jours 11 heures 25 minutes pour arriver en Guadeloupe via la capitale sénégalaise.
Après avoir réussi à battre le record en solo, Vittorio rêve de réaliser cette prouesse avec son fils. «Nous voulons faire au moins une minute de moins pour battre le record. J’ai réussi à le battre tout seul, je veux cette fois-ci le faire en duo avec mon fils», a souhaité le père Vittorio. De la Guadeloupe, les voiliers vont ensuite rentrer chez eux en Italie en attendant de pouvoir s’engager pour relever un autre pari. Qui est celui de battre le record sur la Méditerranée qui s’établit à 53 heures. «On veut faire Marseille-Tunis au bout d’un parcours que nous tenterons de boucler en 42 heures avec le même bateau», souligne-t-il. Défiant les dangers que renferme la traversée des bateaux en mer tout en s’entourant de toutes les garanties de sécurité, Vittorio dit avoir été victime de mauvaises conditions climatiques. C’était en partance au Brésil en provenance de la France, son bateau avait perdu pied aux abords des côtes sénégalaises. Ayant l’habitude de faire ces traversées deux fois par an parce que vivant quasiment en mer à bord de son bateau en Italie, Vittorio livre aussi des courses scéniques qui équivalent aux courses rallye Paris-Dakar. «La prestation ne se limite pas que sur un engagement physique, en plus de cela, il faut avoir des connaissances en mécanique pour intervenir en cas de pépins. Il faudra des trucs et astuces pour dompter le bateau», explique celui qui dispose d’une école de voile. Evoluant sur le chantier nautique, cette famille de skippeurs est aussi très active dans la réparation et la construction des bateaux.
ambodji@lequotidien.sn