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La commune de Djibanar, située dans le département de Goudomp au Sud du Sénégal, est en proie à des vols récurrents de bétail. Le dernier en date a eu lieu la semaine dernière dans le village de Bafata à 5 km de la frontière avec la Guinée-Bissau. Ce jour-là, les éleveurs de ce patelin ont perdu au moins 21 vaches emportées par des inconnus en territoire guinéen. Pour écarter toute menace de poursuites par les victimes, les brigands ont mis le feu sur des vergers d’anacardiers arrivés à maturité, selon le 1er adjoint au maire de Djibanar, Babou Diatta. C’était le geste de trop. Une réunion de crise du village a autorisé tous ceux qui en ont le courage de se constituer en groupe armé pour aller récupérer le bétail volé. Les médiations dissuasives d’autorités administratives et militaires n’y ont rien pu. Le même jour, dans l’après-midi, munis d’armes blanches, de fusils de chasse et de leur arsenal mystique, les habitants ont pénétré dans le territoire guinéen sans dissimuler leur volonté de vengeance. Ils ont pu rassembler 56 vaches qu’ils ont ramené à Bafata sous l’œil impuissant des propriétaires qui ne sont pas forcément leurs bourreaux. Les autorités bissau-guinéennes informées ont commencé les recherches des biens des voisins sénégalais. Elles ont pu mettre la main sur 20 vaches qu’elles ont retourné à Bafata, mardi dernier. C’était en présence du maire de la commune de Djibanar, Ibou Diallo Sadio, du sous-préfet de l’arrondissement de Djibanar, Amadou Goudiaby, du commandant de la brigade de gendarmerie de Samine, des chefs de village de la localité et de plusieurs nouvelles et anciennes victimes qui cherchaient à identifier leurs bêtes. Les autorités guinéennes sont rentrées avec 55 vaches, l’autre devant attendre que la 21ème vache perdue par Bafata soit retrouvée.
Dans la même semaine, la commune voisine de Simbandi Balante, à l’Est, a aussi perdu une trentaine de vaches emportées dans la même direction. Djibanar s’est fait justice sans conséquences dommageables. Et personne pour crier gare et engager des démarches pour endiguer ce mal, qui pourrait créer une profonde crise diplomatique. Déjà des jeunes qui avaient été spoliés de leurs motos ont décidé de reprendre à tout Guinéen qu’il rencontrerait, sa moto, sur le territoire Sénégalais. On n’est pas loin de l’escalade dans cette zone.
akamara@lequotidien.sn

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